Marion Cotillard dit souffrir d'angoisses depuis son tournage avec les Dardenne

Il n'y a pas que son rôle d'Edith Piaf qui a hanté Marion Cotillard pendant des mois. Son tournage en banlieue liégeoise pour le film des frères Dardenne l'a également traumatisée.

Xavier Diskeuve
Marion Cotillard dit souffrir d'angoisses depuis son tournage avec les Dardenne
Cotillard ©cineart

Dans une interview au journal anglais The Guardian, l'actrice française Marion Cotillard explique cette semaine avoir été hantée par le fantôme de la chanteuse Edith Piaf et cela pendant plusieurs mois après l'avoir incarnée dans "La Môme" en 2007.

"J'ai tout essayé, explique-t-elle de façon étonnante. J'ai fait des exorcismes avec du sel et du feu. J'ai voyagé jusqu'à Bora Bora pour la fuir. J'ai été au Pérou sur le Machu Picchu afin de procéder à d'anciennes cérémonies chamaniques pour me purifier avant de réaliser pourquoi je n'arrivais pas à la laisser partir." (sic !)

Apparemment, le même traumatisme poursuit la comédienne depuis le tournage de "Deux jours, une nuit", le film des frères Dardenne auquel elle participa durant l'été 2013 dans la région sérésienne. Elle se dit toujours "hantée par le personnage de Sandra", cette travailleuse dépressive qui tente de convaincre douze de ses collègues de renoncer à une prime de 1000 euros afin de conserver son emploi dans une entreprise de panneaux photovoltaïques (!).

Depuis ce tournage, Marion Cotillard a l'angoisse de se retrouver au chômage, et cela malgré les piles de propositions de scénarios, de spots publicitaires et de cachets mirobolants qui s'accumulent dans sa boite aux lettres. Comme son personnage du film, elle doit se bourrer de Xanax lorsqu'elle entend parler du Forem wallon, d'une grève des TEC ou qu'elle repense aux quartiers de la périphérie liégeoise qu'elle a dû arpenter pendant plusieurs semaines.

"J'ai tout essayé pour oublier ces endroits, confie-t-elle. Je me suis réfugiée durant des mois dans des hôtels luxueux sur des îles paradisiaques. J'ai séjourné dans les stations thermales les plus raffinées du monde, en Suisse, en Ecosse ou en Indonésie. J'ai acheté une limousine à habitacle hermétique pour ne plus apercevoir les HLM ou les cités dortoirs lorsque je dois circuler en France. Mais peine perdue, tous ces décors m'obsèdent encore et toujours".

La production des frères Dardenne explique pourtant avoir tout fait pour protéger la sensibilité de leur interprète principale: "Nous avons choisi des quartiers de banlieue plutôt soft. Ceux-ci ont été verrouillés de telle façon que Marion ne soit pas incommodée par les badauds et les autochtones. Les figurants et rôles secondaires avaient été triés sur leur volet, choisis pour leur bonne éducation et leur hygiène corporelle irréprochable".

Malgré tout, Marion Cotillard demeure traumatisée par certains détails, et notamment par l'ambiance populaire du Lunch Garden où ont été tournées plusieurs scènes (son mari dans le film s'y occupant des desserts). Egalement par la glace à une seule boule "moka" que lui ont fait lécher les frères Dardenne au cours d'une journée de travail interminable (jusqu'à 80 prises), alors qu'elle adore la chantilly et la combinaison fraise-pistache-chocolat.

A la simple évocation de l'expression "panneaux photovoltaïques", Marion Cotillard dit aussi ressentir "des palpitations et une sensation d'étouffement". Mais cette pathologie est plus commune : beaucoup de Wallons victimes des certificats verts disent en souffrir également. Pour l'instant, il n'y a pas de remède.

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