Commentaire | Un bug intolérable

Le bug informatique survenu, hier, soir au niveau de la récolte des résultats en Wallonie et Bruxelles est incompréhensible. Comment est-il possible qu’une telle chose arrive lors d’un événement, non seulement aussi prévisible, mais aussi crucial? Hier, certains condamnaient déjà «le vote électronique». Trop facile, hier la Flandre a prouvé qu’on pouvait être technologique et efficace.

Thierry Dupiereux
Commentaire | Un bug intolérable
MG_140525_KING_ALBERT_II_QUEEN_PAOLA_VOTE_042 ©© Reporters Press Agency M.Gouv

+Bugs informatiques: unanimité pour un retour au vote papier

Avec un peu de mauvaise foi, on pourrait y voir comme une concrétisation des critiques de Bart De Wever formulées à l’égard de la fédération Wallonie Bruxelles. Celles qui épinglent ces deux démocraties différentes où les choses ne marchent pas de la même façon. Avec un peu de mauvais esprit, on pourrait y voir aussi toutes les difficultés politiques à venir, un bug technique augurant un bug politique.

Ce matin, des trous subsistent dans la carte des élections en Wallonie, dans le Hainaut (Lens, Frasnes-Lez-Anvaing), en province de Luxembourg (Durbuy) et en en province de Liège (Aywaille, Seraing, Grâce Hollogne, Saint Nicolas, Bassenge, Herstal, Liège, Fléron, Visé, Eupen, Saint Vith).

Et ne parlons pas de Bruxelles où Uccle, Anderlecht, Molenbeek Saint Jean et Anderlecht affichaient toujours des résultats partiels.

Ce bug est très perturbant parce qu’il empêche d’avoir une vision claire de la situation. Ce matin, difficile de dire par exemple où on en est à Bruxelles alors que le PS et le MR sont au coude à coude. Ces résultats non-définitifs plongent les candidats, les partis, mais aussi les citoyens dans le doute.

Un bug intolérable

Sans résultats clairs et définitifs, impossible de se lancer dans des contacts bien concrets entre les formations politiques. Bien sûr, il y a des indices, des tendances, mais personne ne va au feu sans avoir toutes les cartes en mains. Hier, il y a eu l’intox habituelle des débuts de soirée électorale, mais pas la mise au point objective des urnes.

Ce bug est donc intolérable parce qu’il nuit à la transparence de la démocratie. Hier des voix s’élevaient, dans la foulée, pour condamner le vote électronique. Même les présidents de partis se sont montrés très critiques sur le vote électronique. Retour au crayon? Soyons sérieux. En Flandre, ce système a permis d’avoir les résultats rapidement, d’avoir une vision claire.

Non. Ce qu’il faut c’est avoir un système qui marche et qui permet d’avoir rapidement les résultats pour éviter l’indécision, le flou politique, voire même la suspicion. Le scrutin électoral est l’élément vital d’une démocratie, il se doit d’être soigné, bien encadré, soutenu par une technologie sans faille. Hier, cette promesse n’a pas été tenue et ça pose question. Un pays, une région, se doit d’être irréprochable sur l’organisation de ses élections, hier, clairement, ça n’a pas été le cas.

Ce matin, Didier Gosuin (FDF) exigeait déjà, sur la RTBF, des explications circonstanciées de la part du ministère de l’intérieur pour ce que Willy Borsus (MR) qualifiait un peu plus tôt de «errements informatiques».