Les Michel : trois nuances de bleu

Que plus personne ne dise que «les Michel, ils sont tous pareils». Illustration du contraire en une semaine et trois styles.

Les Michel : trois nuances de bleu
bleu ©Pantone

Le président du MR, Charles Michel, veut une campagne basée sur les idées, a-t-il fait savoir lors du congrès des réformateurs, le week-end dernier. Le bourgmestre wavrien n’a pas voulu citer une seule fois ses adversaires politiques. Il n’a pas, non plus, fait usage de piques à leur attention. Ça change du climat actuel. Le MR veut élever le débat et parler de politique. Enfin, c’est la volonté affichée par le patron.

Reste à voir comment la directive de Charles Michel sera suivie par ses troupes. Ça commençait mal, déjà lors du congrès et le guerrier «Avec les socialistes, préparez-vous à un bain de sang fiscal !» de son papa.

Louis Michel n'y est pas allé avec le dos de la cuillère, le week-end dernier au micro de la RTBF. Le père était peut-être en mode sniper (l'image est aussi mal choisie que celle du bain de sang) pour le fils. Il n'est, cela dit, pas le premier à utiliser cette métaphore excessive. Combien de socialistes a-t-on entendu pronostiquer un «bain de sang social» programmé si l'électeur confiait les clés du pays aux libéraux? En trois petits mots: on est fichus. Bons pour un bain de sang. Ni plus, ni moins. Reste à voir lequel.

Le troisième style Michel est plus léger. Le député provincial Mathieu Michel a préféré l'humour pour faire passer son message, jeudi, lors du conseil provincial, à propos des 82 millions européens et régionaux qui seront disponibles en Brabant wallon. Mathieu Michel craint de n'avoir que peu de prise sur le choix des projets. «Effrayés par la capacité du ministre Antoine à faire disparaître plus de 6 milliards (le MR affirme que la dette wallonne est sous-estimée), vous pensez bien que nous sommes attentifs à ce que les 82 millions ne disparaissent pas aussi facilement.»

Et Mathieu Michel, pas mécontent de sa vanne, de s'interrompre et se tourner vers le conseiller provincial Benoît Thoreau (cdH, comme André Antoine) et de lui dire: «Elle est bonne, hein, Benoît? T'inquiète, je ne dirai pas que tu as ris.»

Oups…