Ô Luxembourg ! Ô terre d’accueil pour les clubs de foot !

«Certains joueurs ont des mentalités de mercenaires. J’ai parfois l’impression que nous ne sommes que des agences intérim. Et puis, on joue devant 60 personnes. La concurrence avec la D1, la télévision, et les autres loisirs est rude. Du coup, il y a moins de sponsors prêts à s’investir dans un club.»

Ô Luxembourg ! Ô terre d’accueil pour les clubs de foot !
Commentaire Francis Collin ©D.P.

Des propos signés Benoît Bovy, président de Spa, depuis la saison 2012-2013 et qui vient d’annoncer son intention de démissionner.

Preuve que partout ailleurs aussi, les temps sont bien difficiles pour le football.

Et pourtant, ne voilà-t-il pas qu’un club frontalier, l’Union FC My, sis dans la commune de Ferrières, vient secouer le cocotier luxembourgeois en annonçant qu’il souhaite évoluer dans notre championnat la saison prochaine ? Ce qui ne serait d’ailleurs qu’un retour au passé car durant les années 70, My évoluait déjà en Luxembourg. Un de ses affiliés, Joseph Philippe, aujourd’hui décédé, fut d’ailleurs des années durant formateur de la CPA.

Motifs invoqués par le président de My, Vincent Reginster : les distances, « les agressions verbales et physiques » qui se multiplient là-bas et le fait que nos clubs déplacent plus de monde.

Après Bra, Sart et Lierneux, soit tous les clubs de l’entité lierneusienne, ou encore Sugny, sis sur le territoire namurois, le Luxembourg va-t-il dès lors bientôt compter à tout le moins un nouvel invité à sa table ?

Chez nous, nul ne devrait s’en plaindre. Mieux, je vois très bien, à très court terme, d’autres écuries suivre le mouvement un peu à la manière de certains politiciens désireux de découvrir de nouveaux horizons et de partir vers de nouvelles conquêtes.

Je compte d’ailleurs sur la force de persuasion du président Marcel Javaux ou d’un de nos éminents membres de l’ACFF (l’association des clubs francophones de football, retenez-le une fois pour toutes !), Bernard Lheureux, tous deux domiciliés à Bièvre, pour rattacher au Luxembourg quelques-uns de nos plus proches cousins diocésains. Bièvre, l’Entente Sommenoise, Éprave, Bohan, Sinsin, Méan, Haversin, Pessoux, Chevetogne, Pondrôme et Rochefort, évidemment, autant de clubs qui trouveraient leur bonheur en Luxembourg. Avec de belles perspectives pour leurs jeunes, qui pourraient rêver de la D2 - bientôt de la D1 - avec Virton.

Le même style d’OPA, exécutée en toute cordialité, concernerait évidemment nos voisins liégeois, de Xhoris, Hamoir, Trois-Ponts, Harzé, Ocquier et Ouffet notamment.

Quelle aubaine pour tous nos coaches qui tournent en rond, dans les mêmes cercles depuis vingt ou trente ans pour certains ! Quel matelas de sécurité aussi pour les instances provinciales ! Nos douze apôtres du CP, forts de cette expansion, convaincraient aisément Bruxelles de ne pas diminuer les sièges attribués au Luxembourg. Mieux, une telle situation amènerait sous la coupole du « regional manager » Guy Van Binst quelques renforts administratifs namurois et liégeois. Oui, plus que jamais, faites savoir que le Luxembourg est aussi une terre d’accueil pour les clubs de football, que le Luxembourg c’est un petit pays de cocagne, le village d’Astérix des footeux…