En parler (ou pas)

La question fait débat. Y compris dans notre rédaction: faut-il encore parler du trublion Laurent Louis?

En parler (ou pas)
Laurent Louis ©Reporters

Car relater ses inepties populistes teintées de vulgarité de bas étage, d’homophobie primaire, de soupçons de grands complots maçonniques, c’est aussi faire de la publicité à quelqu’un qui a atteint le degré zéro de la politique depuis bien longtemps déjà. Mais, alors que les réseaux sociaux vont relayer la vidéo de son meeting, l’ignorer, serait aussi se taire et ne pas dénoncer un député qui, non content de déshonorer l’assemblée dans laquelle il a été élu par des propos indignes et nauséabonds en son sein, véhicule hors les murs ses idées visqueuses.

Ok, on pourra dire que ses scores électoraux sont ridicules, que sa petite réunion de dimanche n’a rassemblé que quelques dizaines de sympathisants. Mais rien que faire appel au soutien de Dieudonné montre qu’on est là dans le domaine de l’extrême droite. Profiter de la crise et faire appel aux bas instincts des quelques électeurs qu’il espère séduire, ça rappelle en outre trop de choses pour ne pas rester en alerte. Et montrer que ça existe, ce n’est pas rompre un cordon sanitaire.