Familles inquiètes

Plus de deux millions d’enfants en Belgique touchent des allocations familiales. Il s’agit d’un des plus beaux gestes de solidarité.

Familles inquiètes
Nathanaël Jacqmin ©EdA - Jacques Duchateau

Solidarité entre des personnes qui ont des enfants et celles qui n’en ont pas. Solidarité entre les riches et les pauvres, puisque les cotisations payées sont proportionnelles aux revenus et permettent à chaque enfant de bénéficier du même montant.

Pour quelques mois, cette solidarité est encore Nord/ Sud. Un petit flamand reçoit la même somme qu’un petit wallon.

On sait que ce ne sera plus forcément le cas après le 1er juillet 2014 puisque les Communautés seront alors compétentes pour la gestion et l’octroi des allocations familiales.

Ce transfert est un moment symboliquement crucial pour notre système social reconnu pour sa qualité, son efficacité et son accessibilité.

Si ces allocations constituent un élément substantiel aux revenus des familles, elles sont aussi une marque de soutien à la parentalité. Une reconnaissance pour ceux et celles qui tous les jours accompagnent leurs enfants à grandir et à s’épanouir.

Confier les allocations familiales aux Communautés ne se limite donc pas à un «simple » transfert d’argent, même s’il s’agit du volet le plus plantureux de la sixième réforme de l’État (6,4 milliards d’euros).

Or, le 1erjuillet 2014, c’est bientôt. Et il reste du pain sur la planche comme le rappelle l’UCM (lire en page 5). Nos parlementaires ont voté à la va-vite, au moment de l’annonce de l’abdication royale, la plus importante des réformes avant de se mettre en vacances. Avec des questions en suspens. Certaines entités fédérées ont-elles l’intention de modifier le montant des allocations? Vont-elles imposer leurs propres structures pour le payement? Qui va traiter les dossiers transfrontaliers (47 000 enfants concernés)? Et puis surtout, peut-on nous assurer que cette période transitoire se fera sans interruption de paiement? Car le timing imposé va forcer les acteurs politiques à agir dans la précipitation et donc créer des risques inutiles pour les familles. Jusqu’à présent, sauf rarissimes exceptions, les montants exacts sont versés à temps et à heure. C’est l’essentiel. Et il ne faudrait pas qu’un retard, un recours, un cafouillage, un couac ou un bug, ne vienne plonger des familles entières dans la précarité.

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