La dure loi du sport

C’est dingue comme un pays a toujours l’art d’assimiler les exploits de ses sportifs à son propre succès.

Martial DUMONT
La dure loi du sport
Martial Dumont ©EdA - Jacques Duchateau

Et, à l’inverse, de les jeter comme des vieilles chaussettes qu’on connaît à peine quand ils commencent à se planter.

Tenez, Yannick Noah. Quand il a gagné Roland-Garros en 1983, c’était l’image de la France triomphante. Quoi, il est Camerounais à moitié? Et alors, on s’en fout! Mais bon, quand même, s’il s’était planté contre Wilander, je parie un casier d’Orval (et ça vaut cher par les temps qui courent) qu’on aurait été chercher qu’il était pas vraiment blanc bleu…

Pareil chez nous! Marc Wilmots l’apprendra un jour ou l’autre à ses dépens. Tant que ça va, ça va, il est l’entraîneur d’une équipe nationale qui marche et va tenir la dragée haute au gratin du foot mondial dans un an au Brésil.

Sauf que quand ça tournera au vinaigre (et ça arrivera), d’aucuns auront vite fait de stigmatiser le fait qu’il est francophone et que, finalement, il n’a jamais vraiment été un bon entraîneur.

Et si j’étais Steve Darcis, je profiterais bien vite du petit nuage sur lequel je suis et des louanges des médias de tout un pays. Car si, aujourd’hui, il est présenté comme «le Belge qui a battu Nadal au premier tour de Wimbledon», demain, quand il sera battu par le 178e joueur mondial, on dira de lui «le Liégeois n’a pas tenu la distance». Sans parler des hockeyeurs de l’équipe nationale qui ont remporté la World League, font notre fierté, mais dont on se demandera dans quelque temps à quel sport ils jouent exactement…

Et franchement, quand on voit les efforts que tous ceux-là font pour redorer notre image à l’étranger, il y a de quoi être un peu désabusé.

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