Rouge inconfort

L’Europe crée des vocations de Calimero rebelle. Que ce soit en France ou en Belgique, des voix se sont élevées pour dénoncer l’intrusion de la Commission européenne en matière de gestion des affaires nationales.

Rouge inconfort
Thierry Dupiereux ©EDA - Jacques Duchateau

Chez nous, c’est Laurette Onkelinx qui a sorti la coquille d’œuf du célèbre poussin noir en guise de couvre-chef. Au « C’est trop injuste » elle a substitué un « c’est révoltant » inspiré de la tribu des indignés. François Hollande s’est inscrit dans le même registre. « La Commission n’a pas à nous dicter ce que nous avons à faire » a-t-il déclaré soulevant des critiques en Allemagne. Dans les deux cas, un positionnement idéologique a été épinglé. Lorsque François Hollande dit: « les socialistes rappellent que si la nécessité de rétablir nos comptes publics est un impératif, la façon d’y arriver n’est pas unique », on n’est pas loin de Laurette Onkelinx qui déclare que si des mesures sont prises en Belgique « ce ne sera certainement pas en appliquant à la lettre les recommandations libérales de la Commission Européenne ». Ambiance. Les socialistes à la manœuvre dans certains gouvernements de pays européens ont bien du mal à digérer les recommandations étoilées. Celles-ci seraient dictées par des idées de droites téléguidées par les grandes sociétés, elles seraient le reflet de la volonté d’une Allemagne qui veut dicter sa loi. En même temps, les socialistes au pouvoir sont bien obligés de faire des concessions et n’évitent pas toujours le piège d’une certaine incohérence. Poussé dans le dos par une équipe dont le centre est plus à droite que lui, Elio Di Rupo est bien obligé d’intégrer des objections européennes dans son carnet de route. Prisonnier du rôle neutre de Premier, il s’exprime peu sur le sujet et quand il le fait c’est en termes très mesurés. Le vitriol et le coup-de-poing verbal sont réservés à la vice-première et au président du parti. François Hollande, aussi, fait le grand écart. Il ne supporte pas cette Commission qui lui fait la leçon alors qu’il soutient l’idée d’un gouvernement économique de la zone qui ne pourra faire que la même chose. Reste à imaginer et concrétiser d’autres idées que celles de la Commission. Tout en conservant la confiance des citoyens qui voient avec inquiétude le taux de chômage grimper dans la zone euro. Il a atteint un record de 12,3% en avril et est utilisé par ceux qui réclament des mesures radicales pour enrayer la crise.

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