Roger Vanden Stock quitte Anderlecht comme il était arrivé : retour sur 10 moments clés de sa présidence

Dix fois champion en 21 ans de présidence, Roger Vanden Stock avait rêvé d’une autre fin de règne. Retour sur son parcours à la tête du Sporting.

Après 21 ans de présidence, le fils de Constant va laisser derrière lui le RSCA dans un état similaire à celui dans lequel le lui avait légué son père en 1996. En plein chaos, embourbé dans une crise sportive et financière rarement connue avenue Théo Verbeeck.
Depuis le changement de statut du club d’ASBL en Société anonyme, Roger Vanden Stock a sans doute eu le tort de prendre ses distances par rapport à ses responsabilités de patron des Mauves et de laisser, trop souvent, son Sporting aux mains des agents.
Toutefois, il ne méritait pas une telle fin de règne, pourrie par la revente du club qu’il aurait tant aimé postposer en fin de saison. Décrié dès son investiture, Roger Vanden Stock aura finalement confondu tous ses détracteurs en décrochant dix titres de champion, égalant ses prédécesseurs Monsieur Constant et Albert Roosens. Unanimement apprécié dans le milieu pour son art de la diplomatie et des qualités humaines devenues extrêmement rares à l’ère du foot business, l’ancien vice-président de l’Union belge et ex-président de la Pro League a aussi œuvré pendant près d’un quart de siècle dans l’intérêt du football belge.

1996


Un héritage très lourd à porter

C’est en 1996 que Constant Vanden Stock cède la présidence du Royal Sporting Club Anderlecht à son fils Roger. L’héritage est très lourd pour ce dernier, auquel les observateurs reprochent d’emblée de ne pas arriver à la cheville de son père. « À la Brasserie Belle-Vue, j’étais sous la coupe du Pater Familias, nous confiait-il récemment. Dans le football, j’ai pu prendre mes responsabilités. »

Il n’empêche que Roger Vanden Stock souffrira longtemps de la comparaison avec son paternel et vivra des premières années de règne cauchemardesques en raison, notamment, de l’affaire Nottingham (voir par ailleurs). « À l’époque, Michel Verschueren fut le seul à ne pas me laisser tomber, rappelle-t-il souvent. Je ne l’oublierai jamais. »

1997


L'affaire Nottingham pour commencer...

À peine devenu président, Roger Vanden Stock voit l’affaire Nottingham éclater au grand jour et refuse de continuer à céder au chantage de Jean Elst et de René Van Aeken. Furieux, ceux-ci déballent le scandale dans la presse et Constant Vanden Stock avoue : il a prêté un million de francs belges à l’Espagnol Guruceta Muro, l’arbitre de cette fameuse demi-finale retour de coupe de l’UEFA opposant Anderlecht à Nottingham le 25 avril 1984.

Une plainte est déposée auprès du tribunal de première instance de Bruxelles. S’en suivront dix années de procédures judiciaires au cours desquelles Roger Vanden Stock n’aura jamais tout à fait l’esprit tranquille. Dans un premier temps, l’UEFA avait suspendu Anderlecht de la scène européenne durant une saison mais le Tribunal arbitral du sport annulera cette décision.

1999


Le début du renouveau

Quelques mois après avoir qualifié les Mauves de justesse pour l’Europe via une piètre quatrième place, Arie Haan est viré pour son début de saison 1998-99 catastrophique (5 sur 18 et un 6-0 à Westerlo). Anderlecht et Roger Vanden Stock sont au plus bas mais le duo Jean Dockx-Frankie Vercauteren sera synonyme de début du renouveau. En mai 1999, les Mauves iront étriller le Standard à Sclessin (0-6) et postposeront le titre de Genk en allant gagner 2-5 dans le Limbourg. Le Sporting terminera la saison troisième, à trois points de Genk et à une unité de Bruges.

2000


Le premier titre

Surfant sur la vague du succès mise en place par Jean Dockx quelques mois plus tôt, Aimé Anthuenis offre à Anderlecht un titre de champion qu’il attendait depuis 1994-95. Sacré ce jour-là pour la toute première fois en tant que président du RSCA, Roger Vanden Stock n’oubliera jamais cette victoire signée à Genk le 22 avril 2000 (1-4).

Jusque-là dans l’ombre de son père Constant, sous la présidence duquel Anderlecht remporta 10 titres, 7 coupes de Belgique et 3 coupes d’Europe, Roger Vanden Stock acquiert avec ces premiers lauriers un début de légitimité au parc Astrid. Il tiendra ensuite la remarquable moyenne d’un titre tous les deux ans.

2001


La mémorable campagne en C1

Dans la foulée de son premier titre, Roger Vanden Stock voit Anderlecht signer la plus belle campagne de son histoire en Ligue des champions. C’est la seule fois que les Mauves sortiront de leur groupe, battant notamment Manchester United et la Lazio. Ils seront éliminés au tour suivant – également sous forme de poules – mais non sans avoir battu le Real Madrid. Un deuxième sacre sera également au rendez-vous en fin de saison.

2006

Les adieux de Zetterberg

Si le cœur de Roger Vanden Stock saigne aujourd’hui, il saigna également le 5 mai 2006. Après avoir aidé Anderlecht à remporter son 28e titre de champion de Belgique, Pär Zetterberg faisait ce soir-là ses adieux au parc Astrid lors de la victoire finale contre Zulte-Waregem (3-0). Roger Vanden Stock considéra toujours Pär Zetterberg comme son fils. « Je n’oublierai jamais ce qu’il fit pour ma famille et moi, dit le Suédois. Pour Roger Vanden Stock, l’être humain passait toujours avant tout le reste. »

2008

2008 - 2009 : La double gifle du Standard

Restant sur deux titres de champion d’affilée sous Frankie Vercauteren (2006 et 2007), les Mauves vont connaître une saison 2007-2008 très compliquée en championnat, que ne parviendra pas à sauver Ariël Jacobs. Le Standard en profite pour être sacré après 25 ans d’attente en battant… son grand ennemi bruxellois, le 20 avril 2008 (2-0). Alors que son ami Michel Preud’homme est le dieu de Sclessin, Roger Vanden Stock encaisse le coup et la victoire en Coupe de Belgique ne parviendra pas à le consoler.

D’autant qu’un an plus tard, au terme de test-matches cette fois, les Rouches alors emmenés par Laszlo Bölöni sont à nouveau champions en bord de Meuse, toujours face aux Bruxellois. L’animosité entre les deux clubs ne cessera de croître jusqu’à atteindre son paroxysme le 30 août 2009, Marcin Wasilewski étant victime ce jour-là d’une double fracture ouverte du tibia et du péroné à la suite d’un tacle d’Axel Witsel.

2010

La saga des penaltys commence

Quelques mois après avoir renoué avec le titre, Ariël Jacobs fêtant au passage son premier sacre comme entraîneur au parc Astrid, Anderlecht laisse échapper une qualification pour les poules de la Ligue des champions qui lui tendait pourtant les bras.

Jamais le point de penalty du stade Constant Vanden Stock n’aura fait autant parler de lui que ce 24 août 2010. Alors que les prolongations du match retour contre le Partizan Belgrade n’ont pu départager les deux équipes (2-2), ils seront trois Anderlechtois à louper leur tir au but : Suarez, Biglia et Boussoufa, bien davantage victimes de leurs nerfs que de cette fameuse motte de terre, ne cadreront même pas leur envoi. Deux ans après avoir été humilié par le BATE Borisov, le Sporting de Roger Vanden Stock vit une soirée plus cruelle encore.
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2017

18 mai 2017 - Son dixième et dernier titre

La victoire d’Anderlecht à Charleroi (1-3), décrochée le 18 mai 2017 grâce notamment à un doublé de Teodorczyk, restera à jamais comme celle du dixième et dernier titre du règne de Roger Vanden Stock. Ce 34e sacre de l’histoire des Mauves est également celui de René Weiler, un coach qui fut décrié pendant des mois pour son approche jugée trop autoritaire et trop réaliste et… que Roger Vanden Stock avait d’ailleurs failli lui-même remercier à l’automne. Ce sera finalement le cas… un an plus tard, le fils de Constant devant se résigner à ne jamais devenir le président du RSCA le plus titré.

2018

Le présent et le futur

Officiellement, Roger Vanden Stock est encore président d’Anderlecht pour quelques jours. Mais, depuis l’annonce de l’accord avec Marc Coucke pour le rachat du RSCA, le 20 décembre dernier, le fils de Constant a plus que jamais décroché au parc Astrid. « Ce n’est sans doute pas un Anderlecht en top forme que je laisse à mon successeur – le meilleur qu’on pouvait trouver – mais, croyez-moi, le RSCA reste et restera sur le long terme le premier club de Belgique, assure l’intéressé. Je suis fier du travail accompli avec Herman Van Holsbeeck, que je me suis toujours félicité d’avoir choisi comme successeur de Michel Verschueren en 2003. »