Est-ce que cela vaut encore le coup d’acheter une voiture à moteur diesel et jusque quand pourrai-je rouler avec en Belgique ?

L’Avenir vous répond: Marc de Jodoigne nous demande si cela vaut la peine d’acquérir un nouveau véhicule diesel aujourd’hui.

Pauline Denys
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L'avenir de la voiture diesel est remis en question ©Jean Luc Flemal


Bonjour Marc,

Vous avez raison de vous poser la question et de vous en inquiéter. Vous n’êtes évidemment pas sans savoir que les véhicules à moteur diesel seront les premiers à ne plus pouvoir circuler sur notre territoire.

Oui, cela peut encore valoir le coup si vous effectuez de longs trajets

Pour certains experts, comme Michel Martens, directeur du centre de recherche de la FEBIAC, la Fédération Belge de l’Automobile et du Cycle, la voiture à moteur diesel peut toujours être intéressante pour certains particuliers et professionnels. “Ceux qui réalisent de longs trajets, ne fréquentent pas les centres-villes et transportent souvent beaucoup de poids, que ce soient des personnes ou des marchandises, et qui ne disposent pas d’une borne de recharge, trouveront leur compte avec une voiture diesel, autant d’un point de vue pratique que financier.

Si vous envisagez de réaliser des trajets relativement courts, Filip Rylant, porte-parole de Traxio, fédération du secteur automobile, ne conseille pas d’investir dans une voiture diesel : “Lors de trajets courts, le moteur ne chauffe pas suffisamment et ne peut pas regénérer régulièrement le filtre à particules.

Xavier Daffe, rédacteur en chef du Moniteur Automobile, se montre davantage pessimiste : “Le seuil de rentabilité d’un moteur diesel aujourd’hui, se situe à 40 000 kilomètres par an, alors qu’avant, on l’estimait plutôt à 20 000 kilomètres. Si quelqu’un achète une voiture diesel neuve et effectue 40 000 kilomètres par an, il va rouler 5 ans avec et il aura fait 200 000 kilomètres. Il faut savoir qu’à ce moment-là, la valeur résiduelle de la voiture sera très faible. Cela ne me paraît donc pas être un bon investissement.

Mais, la popularité du diesel est déjà nettement en baisse

Les chiffres témoignent de la baisse de popularité de la motorisation diesel puisqu’elle poursuit son recul entamé en 2018 lorsqu’elle concentrait encore 78,9 % de parts de marché. Elle regroupe désormais 16,3 % du marché des voitures neuves immatriculées en 2022 (contre 48,9 % pour les motorisations essence et 34 % pour les motorisations électrifiées, en tenant compte du fait que les immatriculations attribuées aux entreprises représentent 61,9 % des immatriculations en 2022.)

Le recul se poursuit également pour les immatriculations de voitures d’occasion en 2022. Les motorisations diesel représentent 39,6 % des ventes contre 52,9 % pour les motorisations essence (et 7,5 % pour les autres carburants). “D’un point de vue financier, il y a sans doute moyen de faire des bonnes affaires en occasion”, constate Xavier Daffe. Mais encore une fois, cela dépend de l’usage qu’on en fera, sachant qu’en Wallonie, les différentes catégories EURO des véhicules diesel seront interdites à la circulation au fur et à mesure pour finalement atteindre une interdiction globale des voitures diesel sur tout le territoire wallon.

Oui, vous pourrez encore rouler quelques années en fonction de la norme EURO de votre véhicule et du territoire sur lequel vous circulez

À l’état actuel de la législation, on pourra, en principe, encore rouler avec les modèles diesel très récents partout jusqu’en 2030 (encore au moins 7 ans donc), explique Michel Martens, directeur du centre de recherche de la FEBIAC. Après, certaines villes pourraient limiter l’accès à leur territoire, notamment à Gand, Anvers et Bruxelles, mais on est encore libre de circuler ailleurs.

L’interdiction de vente et d’immatriculation des voitures à moteur thermique est actée à l’échelle européenne pour 2035. On pourra toutefois continuer à rouler avec ces véhicules, sauf dans les zones basses émissions. Une clause de révision est prévue en 2026 pour évaluer la faisabilité de cet objectif.

A court terme, le diesel est menacé, ça paraît clair, conclut Xavier Daffe, rédacteur en chef du Moniteur Automobile. On sera tranquille plus longtemps avec des véhicules essence par rapport aux échéances wallonnes et belges en général. ” On le sera évidemment encore davantage avec les véhicules hybrides et électriques. Or, il faudra relever encore quelques défis, comme celui de la multiplication des bornes de recharge sur notre territoire dans un contexte de production énergétique sous tension, mais aussi celui de l’accessibilité économique de ces véhicules, encore majoritairement acquis par un public professionnel.

Un tiers des Belges ne veulent pas d’une voiture électrique – L’Avenir (lavenir.net)

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