Procès des attentats de Paris: L’absence de la juge d’instruction belge jugée "indécente"

L’enquête sur les attentats de Paris a démontré que les connexions entre les terroristes sur l’axe Paris-Bruxelles étaient nombreuses.

Emmanuel Huet
Procès des attentats de Paris: L’absence de la juge d’instruction belge jugée "indécente"
La juge d’instruction belge ne s’est pas présentée face à la cour ce jeudi. ©Huet

Par contre, le procès illustre le contraire concernant le témoignage de témoins ou d'enquêteurs belges. On avait déjà évoqué les tensions liées aux auditions des enquêteurs de la police fédérale belge. Ce jeudi, c'est le refus (motivé) de témoigner de la juge d'instruction Grégoire qui a fait débat à la cour d'assises de Paris. Le parquet fédéral belge aurait fait savoir que "la juge d'instruction considère, et cela fait partie de ses prérogatives, que sa participation aux audiences parisiennes pourrait générer des problèmes pour la procédure belge. Un risque que personne ne souhaite prendre, pour des raisons évidentes. " L'intention de la juge d'instruction est donc de préserver au maximum ses déclarations pour le procès des attentats de Bruxelles.

Mais du côté des avocats, tant de la défense que des parties civiles, c'est la consternation. "Depuis le début de ce procès qualifié d'historique, avec 3 000 parties civiles, nous attendons des personnes qui sont citées d'un minimum de respect surtout quand elles font parties de la magistrature, " se plaint Catherine Szwarc, avocate de victimes. Sa collègue Me Truong estime cette absence " malvenue, limite indécente."

«Un bras d’honneur à la cour d’assises»

Dans le "camp d’en face", c’est la consternation. Certains avocats de la défense aimeraient entendre celle qui a "cuisiné" leur client. Notamment du côté des avocats de Bakkali qui avaient cité à comparaître la juge d’instruction.

Christian Saint-Palais, avocat de Yassine Atar, constate: "Dans un procès où les témoins se font réprimander quand ils sont en retard et même un peu engueuler quand ils sont là mais ne répondent pas tout à fait comme on l'entendrait, la position de Mme Grégoire apparaît comme un bras d'honneur à la cour d'assises. " Afin de s'assurer de la présence de la juge d'instruction belge, les avocats proposent même de ne pas l'interroger sur le dossier des attentats de Bruxelles.

Que peut faire le président Jean-Louis Périès face à ce refus? Il semble quelque peu embarrassé et tranchera le débat ultérieurement.

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