Emprisonnement de Navalny: la justice russe «confirme la répression systématique des droits et libertés»

Le chef de la diplomatie de l’UE a réagi jeudi avec inquiétude aux dernières nouvelles russes autour de l’affaire Navalny, cette figure de l’opposition et de l’anti-corruption qui se trouve en détention en Russie après une tentative d’assassinat contre sa personne l’année dernière.

Emprisonnement de Navalny: la justice russe «confirme la répression systématique des droits et libertés»

Mercredi, un tribunal de Moscou a catégorisé comme «groupes extrémistes» les organisations liées à l’opposant, entre autres le «Fonds de lutte contre la corruption» (FBK). Cette décision permet leur dissolution.

Josep Borrell, Haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, a qualifié le jugement d’«infondé», dans une déclaration publiée jeudi matin. C’est «le plus grave effort du gouvernement russe jusqu’ici pour réprimer l’opposition politique indépendante et les enquêtes anti-corruption, et éliminer l’influence du réseau politique de M. Navalny à l’approche des élections à la Douma d’État (élections législatives, NDLR) en septembre, et au-delà», observe l’Espagnol. Cette décision confirme par ailleurs le schéma de «répression systématique des droits humains et libertés», pourtant inscrits dans la Constitution russe, constate-t-il, mettant en garde contre les conséquences étendues que risque d’avoir le jugement sur toute voix critique en Russie.

Josep Borrell appelle Moscou à se conformer à ses engagements internationaux, entre autres vis-à-vis du Conseil de l’Europe dont la Russie fait partie et dont dépend la Convention européenne des droits de l’homme.

La Cour européenne des droits de l’homme, chargée de veiller au respect de la Convention, avait d’ailleurs ordonné en février dernier la libération immédiate d’Alexeï Navalny, une mesure provisoire prise en urgence mais qui n’a été suivie d’aucun effet côté russe. Pour la CEDH, la vie de M. Navalny est en danger dans les prisons russes.

Mercredi, Londres et Washington s’étaient déjà inquiétées du jugement contre les organisations liées à l’opposant.

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