Un navire de guerre mais aussi un village

Le Léopold I a été envoyé en Méditerranée pour secourir des migrants.À bord, la vie est rythmée par les exercices dans l’attente d’une opération.

Emmanuel Huet
Un navire de guerre mais aussi un village
DSC_0095.JPG ©eda E. H.

Pas de femme, pas d'enfant, pour ce quartier-maître-chef, la marine belge c'est sa famille. À 38 ans, il ne compte plus les missions qui l'ont mené sur les océans et mers du globe. Il a commencé au plus bas de l'échelon, à 21 ans comme matelot. Aujourd'hui, l'ancienneté lui a aussi permis d'évoluer pour obtenir ces trois barrettes rouges posées sur ses larges épaules. «L'inconvénient, c'est juste pour nos familles, mais quand on aime son boulot…» Entretien extérieur du navire, manœuvre de l'ancre, la routine ne semble pas lui peser «car quand on est en mer, on a toujours une belle vue. C'est un peu l'aventure quand on arrive à l'étranger.» À bord du Léopold I, réparti sur six niveaux et 125 m de long, les 155 membres d'équipage – dont quelques femmes – se croisent, se recroisent, s'évitent - parfois – des dizaines de fois sur une journée. Derrière un écran de contrôle, dans la coursive principale desservant l'intérieur du navire de guerre, sur le pont - là où les marins grillent clope sur clope, à la salle de sport ou dans un des trois bars: l'intimité a été laissée à quai. «Parfois, c'est moins gai, reconnaît le matelot. Il y a la monotonie, le mauvais temps. Parfois, on a un peu le cafard. On est comme dans un petit village: il y a des gens avec qui on s'entend bien, et d'autres avec qui c'est juste le boulot…»

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