Ce mercredi soir à la télé: non-binaire, la fin du genre?

Un documentaire pour comprendre ce qu’est la non-binarité au travers de quatre témoignages intimes et forts.

Les personnes non-binaires, ne se reconnaissent ni homme ni femme, ou tantôt l’un tantôt l’autre, parfois les deux en même temps.

Comme Ange, 22 ans: "Je vis mon genre au jour la jour. Un jour je me sens plus masculin, un jour plus féminin". Il dit, dans un grand sourire "Les anges n’ont pas de sexe pourquoi j’aurais un genre ?". Mais au delà de la boutade, il y a beaucoup de souffrance, à cause du jugement des autres, de leur incompréhension. Il a commencé tout petit à se questionner, dès qu’il a découvert son attirance pour les garçons, à l’âge de huit ans. "Je me disais: les hommes aiment les femmes, les femmes aiment les hommes, donc je suis une fille". Un raisonnement logique dans la tête d’un petit garçon.

Une libération

Comme les trois autres personnes non-binaires qui témoignent dans ce reportage, il a vécu comme une libération la découverte du mot "non-binaire", "ça m’a fait énormément de bien". "Comme si les choses s’éclaircissaient", dit Sophie 42 ans. "Ca voulait dire que je n’étais pas seule", dit Perséphone. "Non-binaire, ce n’est pas être paumé entre les deux, c’est être plusieurs choses en même temps", explique Lou, 23 ans.

Mais ce n’est pas un concept facile à faire comprendre à son entourage. Comme la sœur d’Ange à qui ça "fait bizarre" de la voir porter des talons. "Ce n’est pas un jeu, un déguisement… c’est déroutant mais on s’y fait".

Alors pourquoi pas une transition totale ? Sophie y a pensé. Mais elle n’est pas allée jusqu’à la mastectomie qu’elle avait envisagé. Elle ne se sent pas complètement homme non plus. Elle dit se sentir homme dès qu’il n’y a plus le regard des autres ou dès qu’elle est avec sa compagne.

Ensemble, elles attendent un bébé. Un petit garçon. Mais elle a du mal à envisager de se faire appeler maman: "Je ne me sens pas femme, je ne vais pas me faire appeler maman. Je ne vais pas commencer ma parentalité avec un mensonge. On l’élèvera en tant qu’individu… Si ça se trouve, il adoptera tous les codes masculins, il jouera au foot… C’est lui qui choisira."

France 2, 22.55

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