À la télé ce lundi: ce soir, on va guincher sur France 3

France 3 nous emmène faire le tour des bals de France, avec un documentaire signé Yann Coquart.

M.U.
 Dès la fin du XIXe siècle, la tradition du bal s’est instaurée un peu partout en France. Et elle se perpétue encore aujourd’hui.
Dès la fin du XIXe siècle, la tradition du bal s’est instaurée un peu partout en France. Et elle se perpétue encore aujourd’hui. ©© ZED

Ils ont été chantés par Sardou ( Les bals populaires ) ou – sur le ton humoristique – par Renaud ( Tu vas au bal ? ), et ils sont depuis toujours dans le cœur des Français. Les bals sont devenus une tradition, et pas seulement le 14 juillet.

Partout en France et depuis toujours, sur le pavé ou la terre battue, sous les lampions ou les néons, en hiver ou en été, on se retrouve au bal, pour faire partie d’un tout, dire là d’où l’on vient, oublier le quotidien, la hiérarchie, le costume. Pour échapper à l’isolement des campagnes ou à la solitude du monde moderne. Pour être libre, résister et se sentir exister.

Des fêtes de village aux clubs des années 1950, des grands bals nocturnes de la Belle Époque aux supermarchés de la danse des Trente Glorieuses, des guinguettes des bords de Marne aux discothèques des années 1980, des dancings de l’entre-deux-guerres, aux rave parties en passant par l’incontournable bal des pompiers, le bal a évolué. Il vit avec son temps. Il s’adapte aux évolutions sociales, aux impératifs politiques, aux aspirations populaires, et suit les courbes du progrès, servant de baromètre à chaque époque.

Un outil de propagande

Mais qui se serait douté que le premier bal du 14 juillet 1880 fut d’abord un outil de propagande pour les Républicains? En l’ancrant dans le souvenir de la prise de la Bastille, la IIIe République fait de son premier bal officiel un rituel politique fondateur. Il y aura d’autres 14 juillet historiques, qui sont autant de célébrations où les intérêts du pouvoir et les sentiments du peuple s’affrontent au travers du bal.

L’histoire du bal est aussi celle de la jeunesse, qui le façonne à son image, en renouvelle les formes. Nouveaux instruments et styles de musique; nouveaux moyens techniques et lieux de rencontre pour l’écouter; nouvelles manières de danser et de s’habiller.

Au fil du temps et des lieux, la France entière s’est mélangée sur la piste de danse: les anciennes et les nouvelles générations dans les bals champêtres et les fest-noz, les bourgeois et les voyous dans le Paris de la Belle Époque, les Blancs et les Noirs dans les dancings de l’entre-deux-guerres, les ouvriers et les immigrés dans les guinguettes de banlieue et les bals de mineurs, les homos et les hétéros dans les boîtes de nuit disco. Comme le dit Yann Coquart, réalisateur de ce documentaire, danser au bal, c’est faire société.

France 3, 21.10