À la télé ce mercredi: l’analyse ADN s’affine… et inquiète

Les progrès en matière d’analyse ADN laissent entrevoir la résolution de nombreuses affaires. Mais sans doute faut-il un nouveau cadre légal.

M.U.
 En 2018, l’ADN a permis d’identifier une petite fille dont le corps avait été retrouvé au bord de l’autoroute A10 et d’arrêter ses parents.
En 2018, l’ADN a permis d’identifier une petite fille dont le corps avait été retrouvé au bord de l’autoroute A10 et d’arrêter ses parents. ©© NOVA PRODUCTION 2021

La lutte contre le crime vit une révolution. Depuis quatre ans, aux États-Unis, des centaines de "cold cases" sont résolus grâce à la généalogie génétique, mélange de "big data" et de généalogie traditionnelle. Grâce à l’ADN il serait désormais possible de retrouver n’importe qui sur la planète.

L’histoire démarre en 2018 lorsque l’un des plus grands tueurs en série américain, introuvable depuis presque 40 ans, est arrêté. Joseph DeAngelo, le "Golden Gate killer", accusé de dizaines de meurtres et de viols, vivait paisiblement auprès de sa famille. Les policiers, grâce à une toute nouvelle technique, n’ont mis que 4 mois à lui mettre la main dessus. Le 21 août 2020, il est condamné à onze peines de prison à perpétuité consécutives sans possibilité de libération.

Croisement de données

Mais comment les enquêteurs sont-ils parvenus à remonter jusqu’à lui? Le principe de la généalogie génétique est simple: il s’agit d’abord de croiser les données d’immenses banques privées d’ADN avec l’empreinte génétique d’un criminel recherché. Puis, les enquêteurs, même en retrouvant la trace d’un lointain cousin, peuvent identifier leur cible en reconstituant l’arbre généalogique de sa famille. La méthode se répand et les affaires classées sont résolues les unes après les autres.

En France, la loi protège davantage les données privées qu’aux États-Unis, et limite l’utilisation de cette nouvelle technique d’enquête. Mais est-ce un mal ou un bien? D’un côté, les familles de victimes attendent de leur police des avancées, et tout est bon pour retrouver ou neutraliser un criminel. De l’autre, l’utilisation à outrance et sans contrôle de l’ADN pourrait être redoutable.

Si la généalogie génétique permet de localiser des tueurs, elle pourrait être aussi efficace, dans de mauvaises mains, pour arrêter des opposants politiques, des femmes qui avortent, des migrants… A-t-on découvert la plus grande arme contre la criminalité depuis des années ou un outil redoutable qui pourrait mettre fin à l’anonymat?

Ce documentaire, tourné entre la France et les États-Unis, pose cette problématique en parcourant les exemples positifs et les cas plus inquiétants.

La Une, 20.25