Ce mercredi soir à la télé: la biodiversité pour nous protéger des pandémies

Nous sommes de plus en plus victimes de zoonoses. Une solution existe pour nous en protéger : maintenir la biodiversité.

M.U.

"W e made the coronavirus epidemic" ("Nous avons fabriqué l’épidémie du coronavirus"): c’est ce titre d’article paru dans le New York Times le 28 janvier 2020 qui a poussé la réalisatrice et journaliste Marie-Monique Robin ( Le monde selon Monsanto, Le Roundup face à ses juges… ) à enquêter sur l’origine de la pandémie.

En 2018 déjà, l’OMS questionnait la communauté scientifique: quelles sont les zones à risque où pourrait émerger une maladie contagieuse et totalement inconnue comme Ebola ou Zika? À la tête d’une équipe pluridisciplinaire basée en Guyane, le chercheur Rodolphe Gozlan identifie les facteurs récurrents de ces émergences: la déforestation, des extrêmes climatiques, ou l’urbanisation. Et il détermine deux zones: Wuhan en Chine et le sud de l’Ouganda. L’étude a été bouclée en septembre 2019, deux mois avant le premier cas de COVID 19 justement détecté à… Wuhan.

Pas de discours anxiogène

Après avoir longtemps enquêté, la réalisatrice en est convaincue: "La biodiversité réduit le risque d’émergence, en maintenant à bas bruit l’activité des agents pathogènes. Ce constat, qu’étayent des dizaines d’études scientifiques, est une très bonne nouvelle, car en ces temps de marasme et d’inquiétude, il ouvre la porte des solutions."

Car l’objectif de Marie-Monique Robin – qui s’est entourée de l’actrice Juliette Binoche comme témoin – n’est pas de tenir un discours alarmiste et anxiogène. "Je voulais faire un film qui fasse du bien, en remettant de la cohérence dans les désordres qui nous assaillent et en fournissant des outils à tous ceux, citoyens, associations et organisations internationales, qui œuvrent pour que le ‘jour d’après’ ne ressemble pas au ‘jour d’avant’. Plus que tout, il s’agit de recréer du lien entre les humains et le reste du vivant. La richesse de la biodiversité ne constitue pas un supplément d’âme pour une petite frange de bobos écolos à vélo, mais elle est notre maison commune sans laquelle aucune vie sur terre n’est possible. Ce film est un hommage à la nature, que nous ne pouvons plus continuer à sacrifier, sous peine de sacrifier nos propres enfants…"

La Une, 20.25