Indochine, une belge histoire

Indochine et la Belgique, c’est une très longue histoire. Nicola Sirkis, le chanteur du groupe, s’est confié sur son enfance belge.

Audrey Verbist
Indochine, une belge histoire
Fanny Gillard a rencontré Nicola Sirkis au studio bruxellois ICP où de nombreux disques d’or du groupe garnissent les murs. ©Okiswitch

Indochine vient de fêter ses 40 ans d'existence. À cette occasion, La Trois consacre une soirée au groupe français très lié à la Belgique. On commence par une longue interview du chanteur Nicola Sirkis, à Bruxelles. Avant la diffusion à 21 h 20 du concert du 26 juin 2010, au Stade de France. C'était la première fois qu'un groupe français s'y produisait. Un concert en guise de point d'orgue du Meteor Tour qui célébrait les 30 ans du groupe devant 80 000 fans.

De Bruxelles au pensionnat d’Estaimpuis

Les jumeaux Nicola et Stéphane ont un an quand la famille s'installe à Bruxelles. Une enfance bourgeoise et très protégée jusqu'au divorce de leurs parents. Les garçons sont envoyés en pension, à Estaimpuis. "Ils ne sont pas heureux là-bas, dit Fanny Gillard qui a mené l'interview avec Nicola Sirkis. C'est un pensionnat jésuite très strict. On est allés tourner là-bas, c'est complètement à l'abandon depuis. Lui n'a pas souhaité y retourner, c'est un lieu qui est associé à beaucoup de mauvais souvenirs."

Leur maman part ensuite vivre en banlieue parisienne. Le choc est rude: "En Belgique, on les appelait les petits Français. Et une fois en France on les traitait de petits Belges. Tous ces traumatismes de l'enfance ont contribué à forger leur caractère." Et leur culture. Car quand il quitte la Belgique, le chanteur emporte dans son sac un roman de la série Bob Morane de l'écrivain belge Henri Vernes, le livre qui deviendra l'inspiration principale du premier grand hit du groupe, L'aventurier.

Et la Belgique lui est toujours restée fidèle. Même quand le succès du groupe décline en France début des années 2000. C'est une jeune Belge qui, en 2002, enregistre avec Indochine, J'ai demandé à la lune, ce titre au refrain qui vous colle à la tête et qui va relancer alors la carrière du groupe.

"Nicola Sirkis n'aime pas trop se dévoiler, il aime contrôler son image, il impose son rythme", dit l'animatrice. Littéralement : le chanteur n'a pas ralenti le rythme de son jogging matinal pour l'équipe de tournage qui a bien dû suivre. Ce que Fanny Gillard retiendra de cette interview? "Les non-dits", répond-elle sans hésiter. "Il parle peu de son frère Stéphane (NDLR: guitariste du groupe) qui est mort en 1999. J'ai respecté ça. On sait qu'ils étaient très liés. Il a beaucoup de pudeur par rapport à ça. Il ne parle jamais de l'absence, du manque, de la mort. J'ai trouvé ça très touchant."

La Trois, 20.30