Mylène Farmer: l’emprise du mystère

Ce vendredi, Mylène Farmer a publié son 12e album. Intitulé " L’emprise " et réalisé par Woodkid, il mêle titres électros et ballades mélancoliques.

M.U. (avec AFP)
 Mylène Farmer s’apprête à une tournée des stades en 2023. Son nouvel album est taillé pour les grands espaces.
Mylène Farmer s’apprête à une tournée des stades en 2023. Son nouvel album est taillé pour les grands espaces. ©AFP

Mylène Farmer n’a pas changé. Du moins au niveau de sa stratégie de communication. Discrète dans les médias, elle a publié hier son douzième album, L’emprise. Un disque sur lequel elle collabore avec Woodkid (direction artistique, avatar sur la pochette) ou AaRON (dont on entend la patte dans le nouveau morceau Rayon vert), qui se signalent eux aussi par un univers visuel fort et une écriture cinématographique.

Le titre de l’album est inspiré par le thème des relations toxiques: "Qui n’a pas croisé le chemin d’une personne dite perverse narcissique ? Qui n’a pas un jour été sous l’emprise d’une telle personne ?", indique-t-elle dans une de ses rares interviews au Journal du Dimanche ( JDD). Certains titres ont une dimension quasi mystique ( Invisibles, Que je devienne, Ne plus renaître – issu d’une collaboration avec les Britanniques d’Archive – et Rayon vert déjà cité plus haut).

À 61 ans, la chanteuse possède toujours une voix envoûtante et impressionnante dans les aigus. C’est notamment le cas sur la ballade mélancolique Que l’Aube est belle, qui fera sans doute couler quelques larmes lors de la tournée 2023, pour laquelle elle a déjà écoulé 550 000 billets et qui passera par la France, la Suisse et la Belgique (au stade Roi Baudouin, le samedi 22 juillet). Sept stades sont complets et pour six autres, les dernières places sont en vente.

Tout ça alors qu’elle entretient soigneusement depuis des années un halo de mystère quasi sans équivalent. Interrogée par le JDD sur la suite de sa carrière, celle qui chante avec une certaine malice Do You Know Who I Am (Sais-tu qui je suis) se borne à lâcher: "En étant libre […] Je n’ai pas la réponse que vous attendez, j’imagine".

« Réhabilitation »

"La rareté de la présence médiatique de Mylène Farmer fascine à une époque où tous les artistes sont traversés par la problématique: qu’est-ce que je dois exposer ou non sur les réseaux sociaux ?, décortique pour l’AFP Didier Varrod, directeur musical des antennes de Radio France. Quand on parle d’elle, le terme icône est imparable alors qu’aujourd’hui les autres chanteurs et chanteuses sont concurrencés sur le front de l’image et de la notoriété par des influenceurs ou des personnes issues des programmes téléréalité", développe-t-il.

Sous son impulsion, un concert-création Version(s) Farmer, sans contrefaçon verra 16 artistes revisiter le répertoire de Mylène Farmer lors de l’Hyper Weekend, festival à la Maison de la Radio et de la Musique en France (20-22 janvier).

Le casting de ce futur show se révèle un savoureux mélange entre grosses cylindrées (Juliette Armanet, Benjamin Biolay, etc) et nouvelles têtes comme la rappeuse Lala &ce (prononcer "Ace" comme au tennis) ou Rebeka Warrior dans l’électro. Car la diva interpelle bien au-delà de la pop. En 2016, le rappeur Damso confiait ainsi sur MCE TV rêver d’une collaboration avec Mylène Farmer: "Ça serait cool. Me mettre moi dans l’univers de Mylène Farmer et Mylène Farmer dans le mien."

Mylène Farmer, « Emprise », Sony Music.