Indochine: un concert-test avec 5.000 spectateurs pour faire avancer la science

Quelque 5.000 spectateurs ont rendez-vous samedi pour danser au son des tubes du groupe français Indochine et retrouver l’ambiance du live, dans la fosse de la salle de concerts de Bercy à Paris, lors d’un concert doublé d’une étude scientifique très attendu par un secteur durement éprouvé par le Covid-19.

Indochine: un concert-test avec 5.000 spectateurs pour faire avancer la science

Pas de distanciation, mais masque obligatoire. Et pour respecter le couvre-feu toujours en vigueur en France à 21H00 (19H00 GMT), le concert gratuit démarre à l’heure du thé, avec une première partie électro assurée dès 17H00 (15H00 GMT) par Etienne de Crécy, figure de la «french touch», avant l’arrivée du chanteur d’Indochine Nicola Sirkis et sa bande.

Indochine, groupe français vétéran formé en 1981, qui remplit les stades et dont les tubes, de «L’Aventurier» à «J’ai demandé à la lune», ont traversé les générations, remonte sur scène après avoir dû reporter d’un an (au printemps-été 2022) la tournée de ses 40 ans, à cause de la crise sanitaire.

Cette expérimentation, déjà réalisée ailleurs en Europe, était devenue un serpent de mer en France, où elle a été reportée plusieurs fois. Elle a finalement lieu sur fond de nette amélioration de la situation sanitaire, à deux jours de l’ouverture de la vaccination pour tous les adultes.

Mais l’enjeu reste important pour le secteur du spectacle, qui voit la reprise en pointillés, malgré le feu vert depuis le 19 mai aux concerts assis, avec distanciation.

Pour l’instant, les festivals debout ont été autorisés cet été en France, mais avec une limite d’une personne tous les 4 m2. Nombre de festivals ont déjà jeté l’éponge (Solidays, Eurockéennes), seuls de rares événements se tenant, le plus souvent en format assis et avec jauge (Francofolies, Printemps de Bourges, Vieilles Charrues).

Tous les participants devront se faire tester deux fois

Un festivalier pour 4 m2, «ça veut dire diviser la jauge par 12. Pour un secteur qui vit de la billetterie, c’est intenable», juge la directrice générale du Syndicat français du spectacle musical et de variété (Prodiss), Malika Séguineau, qui porte le projet avec l’AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris) pour le volet scientifique, avec le soutien du gouvernement.

À un mois des élections régionales en France, plusieurs politiques feront le déplacement, dont le ministre de la Santé Olivier Véran, la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse et la maire de Paris Anne Hidalgo.

L’étude doit permettre de démontrer que s’ils sont testés négatifs au Covid-19 en amont, les spectateurs ne courent pas plus de risque de se contaminer au concert qu’en temps normal.

L’expérimentation, dont de premiers résultats sont attendus fin juin, n’est ouverte qu’aux 18-45 ans qui ne présentent pas de risques de formes graves (obésité, hypertension) en cas de contamination.

Sur 20.000 volontaires, un groupe de 7.500 a été sélectionné après un premier test antigénique négatif entre mercredi et vendredi, dans l’arène de Bercy, transformée pour l’occasion en laboratoire géant.

Parmi eux, 5.000 personnes vont pouvoir danser sur «Tes Yeux Noirs», tandis que 2.500 volontaires, le groupe «contrôle», devront rester chez eux. Tous les participants sont invités à se soumettre à un test salivaire samedi, puis un autre sept jours plus tard. Le nombre de cas positifs sera comparé dans les deux groupes.

L’expérimentation a aussi pour but de tester l’inclusion du test négatif dans l’application tousanticovid, préfigurant le pass sanitaire, qui a été adopté par le Parlement cette semaine. Enfin, des caméras doivent permettre de mesurer tout au long du concert si le masque est toujours bien porté, mais pas pour viser tel ou tel spectateur, assurent les organisateurs.

Les expériences précédentes, en Espagne ou au Royaume-Uni, n’ont pas montré de risque élevé de contamination. Mais les résultats rassurants du premier concert-test européen, réalisé à Barcelone en décembre (500 personnes) sont difficilement extrapolables, ont prévenu les chercheurs dans leur étude publiée vendredi, en raison des «conditions strictes» de sa réalisation, alors que le virus circulait faiblement.

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