Kamini : «Je suis un pessimiste qui garde le sourire!»

Disparu des radars musicaux depuis 11 ans, Kamini revient avec un 3e album qui sent bon la campagne et l’air du temps.

Fanny Guillaume
Kamini :  «Je suis un pessimiste qui garde le sourire!»
Silence radio pendant 11 ans pour Kamini qui revient avec un 3e Acte à la fois drôle et (im)pertinent. ©© Deeciprod, inc.

On se souvient tous de ce chanteur au t-shirt jaune qui, au milieu des vaches, parlait comme nul autre de sa campagne et des habitants de Marly-Gomont. Un tube entre rap et pop qui s'écoulera à plus de 500 000 exemplaires et vaudra à son auteur, Kamini, l'un des premiers buzz de l'histoire musicale française. «Le succès de Marly-Gomont, je ne l'ai pas vécu comme j'aurais dû. J'étais spectateur de ce qui m'arrivait et mal à l'aise. Mon père m'a éduqué dans l'humilité et, cette notoriété beaucoup trop rapide ne cadrait pas avec mon éducation. Quand vous recevez une Victoire de la musique et que vous êtes sur scène, c'est le moment de marquer les esprits. Moi j'ai juste dit "merci" (rires) mais je ne regrette rien!»

Du coup, en 2009, au moment de sortir un 2e album, sa maison de disques ne lui accorde pas une grande attention médiatique et Kamini jette l'éponge. «Avec Marly-Gomont puis le premier album, j'étais dans l'hyper médiatisation et là, plus rien, explique-t-il. En plus, mon père est décédé une semaine avant la sortie de l'album… J'ai vite compris que les choses n'allaient pas se passer de la même façon.»

Qu'à cela ne tienne, l'artiste range la musique dans un coin de sa tête et se consacre à l'écriture d'un film, Bienvenue à Marly-Gomont, qu'il dédie à son père. Deuxième carton plein: 700 000 entrées au cinéma et 15 millions de téléspectateurs lors de sa diffusion en télé. Ravi de ce succès, Kamini continue à écumer les scènes avec des spectacles de stand-up et son Petits patelins Tour.

Je suis un chanteur de rap, pas un rappeur

Mais l'envie de musique est toujours bien présente et Kamini entame alors l'écriture de son 3e album (3e Acte) qui mettra du temps à éclore.

Kamini : «Je suis un pessimiste qui garde le sourire!»
©© Deeciprod, inc.

Parce qu'avant de retrouver la musique, il lui a fallu retrouver confiance en lui. «Monter sur scène pour des spectacles et faire rire les gens c'est une chose, mais reprendre la musique c'en est une autre. Je devais être certains d'avoir des choses à dire et aussi d'avoir une communauté prête à me suivre.»

Cette communauté construite au fil des années, Kamini a réussi à la fidéliser et à la mobiliser autour d’un appel au crowdfunding.

Inspiré par ce qui l'entoure (v. ci-dessous), il continue de construire sa propre identité, celle d'un chanteur de rap. «Et non pas d'un rappeur! Je ne veux pas utiliser ces codes. Je ne vais pas me mettre à écrire une vie que je n'ai jamais eue: la banlieue, la vente de shit à la sauvette… Je n'ai jamais connu ça. Je vis à Lille mais je viens de la campagne, ce sont ces gens-là que je veux mettre en avant. C'est mon identité et je l'assume.»