À l’affiche, des perles et des surprises, dont Stacey Kent

Le Gaume Jazz, ce sont «trois jours de fête dans l’espace bucolique et verdoyant » du Centre culturel et du Parc de Rossignol (7, 8 et 9 août).

J.G.

Au programme, 5 scènes, 26 concerts, 120 musiciens belges et étrangers pour un «éventail inégalé de parfum »: funky, électro, jazz-rock, chanson jazzy, jazz-blues, fanfares…

Depuis ses débuts, le Gaume Jazz n’a jamais fait que confirmer sa place de «porte ouverte» sur le jazz d’aujourd’hui. Plus de 600 concerts présentés à ce jour, plus de 60 créations et une foule d’artistes étrangers qui, avant de devenir des stars pour certains, ont foulé la scène gaumaise.

Rien que des bijoux

Le programme 2015 ne fait que confirmer ce label de découvreur. D’abord Stacey Kent, qui ne doit plus être présentée: sa voix élégante transforme en bijoux tous les répertoires auxquels elle touche, des standards du jazz à ceux de la chanson française, en passant par les rythmes latins.

Autre nom en tête d’affiche, celui de la chanteuse coréenne Yeahwon Shin – invitée du Nuevo Tango Ensemble. Il sera sans doute gravé dans vos mémoires après son passage à Rossignol: le label ECM ne s’y est pas trompé puisqu’il produit son nouvel album.

À noter, surtout et encore: ce double concert peu conventionnel qui verra deux chanteuses de chez nous se partager la scène avec leur groupe respectif; non pas une bataille de voix, mais plutôt un chassé-croisé insolite entre les trios de Sarah Klenes (Oak Tree) et d’Anu Junnonen qui finiront par se rassembler, un des moments les plus surprenants du festival sans doute.

Toujours rayon voix, on ne s’étonnera pas de voir Tom Barman, avec TaxiWars, accompagné de trois de nos figures de proue du jazz contemporain quand on sait l’amour que le chanteur de dEUS porte à la musique bleue. Si Barman passe au jazz, Philippe Laloy et Kind of Pink relisent Pink Floyd avec une classe et une élégance qui en font un des projets les plus enthousiasmants de ces derniers mois.

Cartes blanches

Le jazz se frotte de plus en plus à de nouveaux standards repris du répertoire rock. Ainsi le vibraphoniste français Franck Tortiller reprend-il la musique de Janis Joplin sur des arrangements originaux mais qui gardent intact l’esprit de Janis.

De France aussi la pianiste Eve Risser en duo avec la Japonaise Yuko Oshima à la batterie et au chant.

Trois facettes du jazz belge d’aujourd’hui et autant de créations pour le festival avec les «cartes blanches» offertes à Emmanuel Baily (guitare), Lionel Beuvens (batterie) et Adrien Lambinet (trombone), voilà bien un des credos du festival renouvelé chaque année: donner le temps et le lieu à de jeunes musiciens de chez nous pour élaborer un nouveau projet qu’ils présenteront sur la scène gaumaise.

Talents confirmés

Aux côtés des créations et découvertes, une belle place est aussi laissée aux musiciens qui ont déjà écumé les planches nationales et européennes: le LG Jazz Collective de Guillaume Vierset s’est vu récompensé d’un Octave de la Musique pour son premier album.

Tuur Florizoone présente un projet peu vu en Belgique, son association avec le trompettiste hollandais Éric Vloeimans.

Mâäk, après la formule élargie de l’an passé, revient dans son quintet d’origine.

Et le batteur Jeff Herr se pose pas loin de son Luxembourg natal avec son énergique trio.

www.gaume-jazz.be