La pop organique des Cats on Trees

Le duo toulousain est la révélation française de cette fin d’année. Nina au clavier et Yohan aux percussont passés à Bruxelles pour un live buzz.<

La pop organique des Cats on Trees
©EdA - Jacques Duchateau
Marc Uytterhaeghe

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C'est l'une des révélations françaises de l'année. Le duo toulousain de Cats on Trees est passé en quelques semaines de l'ombre à la lumière. Un bel encouragement pour Nina Goern et Yohan Hennequin qui ont fondé le groupe en 2008. Découverte du Printemps de Bourges en 2010, il aura fallu un peu plus de trois ans au duo – elle au clavier, lui à la batterie – pour publier un premier album éponyme qui figure déjà dans le top 10 des meilleures ventes en France. Leur clip de Sirens call tourné sur un lac salé en Bolivie a dépassé le million de vues sur Youtube et ce n'est sans doute pas fini…

Cats on Trees, c’est une longue complicité ?

Nina Goern : Oui. On s’est rencontrés en 2004, juste après le lycée dans le cadre d’un projet musical différent, puisqu’on était cinq. Yohan était à la batterie, moi aux claviers et aux chœurs, mais nous avions une chanteuse. Nous avons construit rapidement une belle amitié. On s’est donc détachés du groupe durant nos années de fac.

Avec cette particularité de former un duo atypique claviers-batterie…

N.G. : C’est ce qui fait notre force, je pense. Cela nous permet de prendre des libertés en composant que l’on aurait peut-être moins avec plus d’instruments.

Yohan Hennequin : La contrainte fait la force. On s’en aperçoit sur scène. Ce duo crée une certaine fragilité, cela exacerbe la sensibilité et donc la communication se passe vachement mieux entre nous, avec les gens… On a envie de préserver cela, même si en studio, on s’est permis d’essayer tous les arrangements possibles. C’est pour cela que l’on a pris trois ans : on est partis dans plein de directions, on a eu des collaborations géniales.

Qu’est-ce qui vous unis musicalement ?

N.G. : Au départ, nous n’avons pas le même parcours. Nous n’avons pas écouté les mêmes choses étant petits. Mais on se retrouve sur beaucoup d’artistes. Yohann aime beaucoup de pop-electro, Phoenix, The National… Moi dernièrement, je suis tombée amoureuse de Chvrches (NDLR : prononcez Churches, un groupe electro-pop écossais)…

Y.H. : En fait, on essaye toujours de se nourrir de tout ce qui nous entoure. mais le tronc commun, ce sont des personnalités fortes. Un univers derrière lequel on sent un personnage.

Pourquoi ce nom de Cats on Trees ?

N.G. : On a chacun des chats à la maison… Mais c’est plus l’image que dégage le chat : solitaire, observateur, qui fait sa vie sans se soucier du reste… cela nous correspond bien.

Pourquoi ne pas avoir donné de titre à l’album ?

Y.H. : Parce qu’un premier album est toujours le résumé d’une vie. Du coup, c’était une belle introduction de se présenter uniquement sous le nom du projet.

Qu’est-ce qui peut donner naissance à un texte ?

N.G. : Tout ce qui a marqué nos vies, tout ce qui nous a construits. Il y a des morceaux qui parlent de l’enfance, d’autres de ruptures amoureuses, de naissance, de décès…

« Siren Calls », cela parle de quoi ?

Y.H. : En tant que musiciens, nous sommes amenés à beaucoup voyager, à beaucoup nous éloigner des gens qu’on aime. « Siren calls », c’est un rappel qu’il est important de garder un socle, une base solide et de toujours penser aux gens que l’on aime. Par extrapolation, c’est un peu la métaphore d’Ulysse et son retour après la guerre de Troie. Même si on a des textes mélancoliques, on songe toujours à la résolution, on essaye de garder une note positive. Le but n’est pas de s’apitoyer.

Comment vivez-vous l’engouement autour de vous ?

N.G. : Bien ! On est fatigués (rires) Mais on a toujours beaucoup travaillé avec Yohan. Et cela nous pousse à travailler encore plus !¦

Cats on Trees, En concert au Botanique le 13/02 (02/218 37 32).