Flûte, Gilles Verlant a coupé le son !

Journaliste, écrivain, animateur, Verlant était tout cela à la fois. Ce qui l’animait? Son amour de la musique qu’il aimait partager

Thierry Dupiereux
Flûte, Gilles Verlant a coupé le son !
00102442_000199 ©Angeli / Reporters

Gilles Verlant, mort? La nouvelle a été accueillie, hier, avec incrédulité et tristesse. Ce journaliste, âgé d’à peine 56 ans, a disparu brutalement. Victime d’une bête chute dans un escalier. Une fin absurde comme celles qui jalonnent cette histoire du rock qu’il maîtrisait si bien.

Verlant c'était une voix, un style, une image aussi. À la fin des années 70, c'est lui qui va donner au rock ses lettres de noblesse sur la RTBF. Ce sera d'abord Folllies et puis Ligne Rock. Deux émissions devenues cultes pour de nombreux jeunes Belges qui découvraient le post-punk et puis la new wave.

En 1984, il débute des émissions en duo avec Antoine de Caunes. Ce sont les premières années de Canal +. Le ton décalé de Gilles Verlant cadre parfaitement avec cette nouvelle station qui veut proposer quelque chose de différent. Il y aura Rock Report, Rapido, Nulle part ailleurs. Gilles Verlant était aussi homme de radio, il officiait encore comme chroniqueur sur Classic 21. Qui lui a donné l'envie de faire la radio ? Voilà ce qu'il répondait sur son profil publié sur le site internet de la chaîne de Marc Isaye. «Jean-Bernard Hebey sur RTL (Poste Restante), Marc Moulin à la RTB (King Kong, Radio Crocodile…). Mais j'ai commencé par la télé!». Une télé qui lui rendra hommage mardi prochain sur La Trois à partir de 21h05.

Son premier livre ? Bowie

La musique, Gilles Verlant l'avait chevillée au corps. Une passion qu'il aimait partager en toute érudition. Et quoi de mieux que les livres pour transmettre son savoir? Son premier bouquin, il le publie en 1981. C'est une biographie consacrée à David Bowie. Pour des débuts en «littérature», l'éditeur est bien choisi, c'est Albin Michel, un des seuls qui, à l'époque, ose vraiment sortir des bouquins sur le rock. Petit format, grosse impression. En quatrième de couverture, on présente Gilles Verlant : «Il signe régulièrement des articles musicaux ou non dans divers quotidiens et hebdomadaires. En 1977, à la sortie de l'album Low de David Bowie, il a décidé de tenter une approche complète de l'œuvre de cet homme qui le fascinait depuis de nombreuses années». Premier livre, donc. Il y en aura d'autres. Comme auteur, mais aussi comme directeur de collections.

« Un grand vide »

Au-delà du rock, Gilles Verlant aimait la musique au sens large. Biographe, il s’attaquera à Daniel Balavoine, Françoise Hardy et surtout à Gainsbourg (voir ci-contre).

Hier, l'annonce brutale de sa mort a provoqué une onde de choc. Sur le réseau social Twitter, deux messages tombaient toutes les minutes. Parmi eux, celui de Thomas Dutronc par exemple, «un grand vide pour le métier, un grand vide dans mon cœur» ou encore celui de Nagui avec qui il a travaillé sur Taratata «un amoureux du rock, un amoureux de la vie, un amoureux de la vanne, Gilles Verlant est parti trop tôt». Tristesse et incrédulité, encore, dans ce tweet de Christophe Dechavanne «la semaine dernière, je rigolais avec un vieux copain charmant et de talent, et là il est mort».