Daan: «Il y a des gens qui sont mieux faits pour la provoc que moi»

Le dandy Daan annonce «Le Franc belge». Un nouvel album avec une majorité de textesen français.

Interview : Audrey verbist

En écoutant votre disque on se dit que vous faites vraiment ce que vous voulez, sans contraintes…

Il a fallu toute une démarche pour avoir cette liberté-là. Plein de morceaux parlent de cette recherche de liberté. Si on a l’impression que je l’ai déjà, moi j’en veux toujours plus. C’est marrant que vous commenciez par ça…

Pourquoi ?

La liberté c’est quelque chose qui m’obsède. Il faut se libérer de tout ce qui peut te faire ch… mais te libérer surtout de toi-même. Il ne faut jamais devenir léthargique, il faut tout le temps se remettre en question, toujours essayer d’avancer vers là où il y a de la lumière.

Parce que les plus grosses barrières, on se les met soi-même ?

Peut-être qu’à un moment je me dirai que j’ai fait le tour et que je dois me poser. Mais moi je me sens mieux quand je suis en cavale, quand je suis sur la route, quand ça bouge, quand je suis en fuite, à la limite. Enfant, je jouais toujours à celui qu’on poursuit. On jouait dans les bois et tout ce que j’adorais c’était de m’échapper, que mes copains me poursuivent. Je fais un peu toujours la même chose…

Ce n’est pas un peu fatigant de faire ça ?

Moi, c’est mon moteur. Si on m’enlève ça, là je serai fatigué, je crois. Sur papier, ça a l’air fatigant, mais pour moi, c’est juste un mécanisme qui me pousse à avancer.

C’est la première fois que vous écrivez des chansons en français. Pourquoi était-ce le moment ?

C’est coécrit, avec un ami. Il y a plusieurs raisons. D’abord, le fait que la moitié de mon quotidien se passe en français, mes amis, ma vie privée, mes enfants… Dès que quelqu’un me sort une belle phrase ou un beau mot, je le note tout de suite. Et il y a énormément de français là-dedans. Je trouvais dommage de ne rien en faire. Et puis aussi, j’ai fait trop de morceaux en anglais, j’ai un peu fait le tour.

Il y a des références à Montand, Gainsbourg…

Il y a aussi beaucoup de références cachées. Dans un morceau comme Everglades, qui est en anglais, les gens ne vont pas chercher Gainsbourg, mais c’est le plus gainsbourgien des titres. Ce sont des mondes différents, la pop anglaise et la chanson française.

On chante d’une manière différente en français et en anglais ?

Oui, en anglais, je chante plus fort, je surjoue le truc. Je suis à 50cm du micro et je gueule. En français, j’ai plus tendance à m’approcher à 5cm du micro et à dire les choses tout simplement, comme on s’adresserait à quelqu’un lors d’une conversation.

Il y a des références à d’autres que Gainsbourg ?

Je crois que je suis plus fixé sur les comédiens français que sur les chanteurs. C’est plus Jean Gabin, qu’un chanteur.

J’adore le mélange avec le cinéma français aussi. Je me demande comment un disque de Patrick Dewaere aurait sonné, s’il en avait fait un à l’époque.¦

«Le Franc belge», Pias