« J’ai retrouvé une certaine liberté »

«La musique me manquait. Je suis tellement heureuse quand j’en fais…» Axelle Red est radieuse. Son «Rouge ardent» irradie son visage et chante sa liberté retrouvée. Celle d’oser écrire en s’inventant des histoires, pas en militant. Un joli cadeau pour souligner 20 ans de carrière, 12 albums et plus de cinq millions de disques vendus dans le monde.

« J’ai retrouvé une certaine liberté »
Axelle Red Rouge ardent ©Serge Leblon

Dans cet album « Rouge ardent », pas de message humanitaire, pas de revendication. C’est un disque beaucoup plus léger en somme.

Je voulais écrire sur une rupture. J’ai abordé, par le passé, assez de thèmes différents pour pouvoir me permettre un album sur l’amour. Mais je n’avais pas envie de m’inspirer de ma propre vie, parce que moi, c’est que le bonheur et ça ne m’inspire pas ! Il faut que ce soit les tripes qui travaillent. Alors, je me suis inventé une histoire, un amour qui est parti. Je me suis mise dans la peau d’un personnage de 20 ans, avec un amour d’enfance. J’ai abordé le point de vue de celui qui reste. Et ça donne un album très romantique.

Vingt ans de carrière, la boucle est bouclée ? Vous revenez aux mélodies du début ?

C’est vrai qu’on peut dire que chaque chanson a quelque part un frère ou une sœur dans ce que j’ai fait avant. Par exemple, Rouge ardent a quelque chose de Rester femme, sans en être une copie évidemment !

C’est ça le style Axelle Red ?

Oui, d’une certaine manière. C’est comme pour le style vestimentaire: à un moment donné, on prend quelques pièces qui sont caractéristiques de soi et on crée son style. En musique, c’est la même chose. J’ai des chansons qui me ressemblent et c’est à Memphis que j’ai trouvé mon son.

Memphis, c’est une étape indispensable pour enregistrer vos albums ?

Oui, mais on pense toujours que je vais à Memphis pour le groove. En fait, c’est l’émotion que je recherche là-bas, c’est l’âme. Les musiciens écoutent vraiment ce que je chante et ils amènent leur âme et leur émotion. C’est ça que je recherche à Memphis.

Mais tout n’est pas enregistré dans le berceau de la musique américaine pour ce dernier album ?

Non, j’ai même commencé en Belgique. Les violons, ils sont belges. Les cuivres, on a refait une partie ici aussi. Je prends le meilleur partout, c’est important d’avoir la griffe européenne. C’est ce qui fait aussi mon son.

Un son qui va bien avec des chansons moins prise de tête. Vous avez retrouvé le sourire ?

Mes filles adorent cet album, elles le trouvent beaucoup plus joyeux. C’est vrai qu’ils devenaient dingues à la maison après cette année passée à penser, à méditer comme un Bouddha. Mon engagement a quand même pesé lourd sur moi. Mais là, je me suis rarement sentie aussi bien ! J’ai l’impression d’avoir retrouvé une certaine liberté.

Quel regard posez-vous sur votre carrière ? Nourrissez-vous des regrets ?

Aujourd’hui, je vois des erreurs, mais c’était inévitable, car j’ai toujours été jusqu’au bout des choses. Il y a des chansons un peu trop hautes ou trop basses, des mix ratés. Ici, c’est la première fois que ma voix sonne à 100%, totalement naturelle. Mais j’ai bien aimé expérimenter avant. Dans cet album, tout est en place. Pour l’instant, je trouve que c’est le meilleur que j’ai fait.¦

En concert au Muziekodroom de Hasselt le 28/03 (Infos: 011/23 13 13 – www.muziekodroom.be/concerten)

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