Cali : « J’étais allé au bout… »

Après un album très rock, Cali a opté pour la simplicitédes arrangements sur «Vernet-les-Bains», son nouvel album.

Marc Uytterhaeghe

Musicalement, la carrière de Cali a connu une certaine gradation. Grand amateur de rock, c'est vers cette musique qu'il s'est de plus en plus dirigé, pour atteindre son apogée sur l'album La vie est une truite arc-en-ciel qui nage dans mon cœur. Un disque qui a surpris et qui s'est moins bien vendu.

Mais le chanteur catalan n'en a cure. Après s'être lancé dans une tournée acoustique avec le pianiste Steve Nieve – un moment magique aux Francos 2012 – le voici de retour avec Vernet-les-Bains, un album apaisé, où la voix prime sur les quelques instruments (guitares acoustiques, piano, cordes, wurlizer, orgues, glockenspiel…). Un retour aux sources donc, où Cali démontre qu'il reste un grand interprète de la douleur amoureuse, de l'amitié, de la nostalgie de l'enfance et des paradis perdus. L'un des beaux disques de cette fin d'année.

Le délai a été assez court entre l’album précédent, la tournée… Il y a eu une urgence d’écrire ?

Je ne me pose pas trop cette question. J’étais en tournée et des chansons sont arrivées. Comme chaque album est le polaroïd de ma vie, je ne veux pas trop traîner pour les livrer.

Cet album est plus apaisé que le précédent…

Sur La truite…, je suis allé au bout de quelque chose. Il représentait tous les disques de ma discothèque. Il a été accueilli souvent froidement, mais je l’accepte complètement. Aujourd’hui, je suis toujours sur la route en duo, et ça m’a donné l’envie de poser ma voix comme sur scène.

Pour la réalisation, vous avez choisi Frédéric Lô, qui a travaillé avec Daniel Darc (« Amours suprêmes ») et Stephan Eicher (« Eldorado »)…

J’ai voulu travailler avec lui car on a la même culture musicale. Je lui ai dit que j’étais très fan de Springsteen, qui est capable d’albums comme The Ghost of Tom Joad ou Nebraska. On a donc habillé l’album d’une petite nuisette et cela suffit (sourire).

Vous avez nommé cet album « Vernet-les-Bains », du nom du village de votre enfance…

J’y fais allusion dans deux chansons, Je rêve de voir l’été et La grotte des amoureux. Mais Mes vieux cin glés, c’est une histoire d’enfance à Vernet ; L’amour est éternel, c’est l’histoire d’un couple que je connais… Mon premier baiser, c’était sous un pont dans le parc du casino de Vernet… Quand tu retournes sur ces lieux, ton cœur a 15ans !

Vous ne parlez pas de politique sur cet album…

Non, mais ce n’est pas une volonté. J’ai la chance d’avoir des chansons qui arrivent et je les livre telles quelles.

L’amour est toujours fort présent dans vos chansons, mais c’est toujours dans la souffrance…

Qui sait raconter un amour où tout se passe bien ? Parfois Thomas Fersen ou Trenet. Mais c’est difficile. Moi, je raconte juste ce qui arrive à mes proches ou à moi. Mais je trouve positif de dire quand un amour se casse la gueule et qu’on essaye de remonter et qu’après, ça va mieux.

L’album se termine sur un sourire, avec « Happy End », chanson toute en autodérision avec Miossec, Dominique A, Mathias Malzieu, Bénabar…

Ce sont des gens que j’ai admirés avant de les connaître. Aujourd’hui, ils me protègent. Cette chanson est partie d’amis du village qui me disaient que je faisais l’imbécile alors que mes chansons plombaient… Ca m’a fait rire et j’en ai fait une chanson. Et qui de mieux que mes amis chanteurs pour me faire la morale ! Le clou, c’est que ce sont Dominique A et Miossec qui me conseillent d’écrire des chansons plus gaies ! (rires)

Vous irez chez Ruquier pour en parler ?

J’espère. Mon attitude n’avait pas été géniale mais la leur non plus. Après, j’ai fait de la peine à pas mal de gens. J’ai fait mon mea culpa et si j’y retourne, j’essaierai d’être poli cette fois-ci ! (rires)¦

Cali, « Vernet-les-Bains », Wagram/Pias. Samedi 2 février à l’AB (02 548 24 24, www.abconcerts.be)