Efterklang: une pyramide dans le désert de glace

Pour le Belge, le Danemark, c’est déjà le nord. La neige, les fjords, la viande de requin faisandée. Mais pour des Danois, l’excursion à Copenhague ne vaut pas mieux qu’une virée à Botrange en classe de neige. Pour enregistrer son 4e album, le précieux trio Efterklang a donc chaussé les moon-boots pour Pyramiden, colonie minière russe abandonnée depuis 1998 sur l’île norvégienne de Spitzberg, dans la mer du Groenland.

Julien Rensonnet
Efterklang: une pyramide dans le désert de glace
Efterklang%20-%20Piramida_0.jpg

De ces montagnes arides, artères battues par la bise et cantines soviétiques désaffectées, Efterklang ramène Piramida. Capturant craquements et cris de mouettes comme l'atmosphère de la ville fantôme, Casper, Mads et Rasmus racontent leur exil au froid d'une langue étonnamment chaude. Cuivres épiques comme chez V.O. (The Ghost), voix aussi boisées qu'une vodka au bouleau comme chez The National, échos hantés des hangars vides, arrangements percussifs baroques dignes de Sufjan Stevens (sublime Told to be Fine), clapotis électroniques empruntés à Four Tet (brillant The Living Layer et lumineux Dreams Today), piano neigeux à la Ozark Henry (Black Summer)…, Piramida synthétise magistralement la pop actuelle. On espère que le filon n'est pas épuisé.