Le retour de Zaroff, Séjourné, Batman, etc. : nos 9 coups de cœur (ou de griffe) BD du jeudi 1er juin 2023

Le jeudi, c’est le jour de notre sélection bande dessinée. Avec, cette fois un bon vieux western, la première sage-femme de l’Histoire et un conte pour enfants détourné. Entre autres plaisirs. Bonnes lectures. Des chroniques à retrouver, aussi, dans La Librairie de L’Avenir, bien sûr.

"Sage-Femme", Delcourt, 2023
"Sage-Femme", Delcourt, 2023 ©Delcourt

1. L’été des charognes

Les mots de l’éditeur

L'été des charognes
L'été des charognes ©Gallimard

Ici, c’est le “village de nulle part”. Là où l’on vit retiré et un peu hors la loi. Là où les enfants slaloment entre les pères ivres et les chiens errants, où l’été on apprend à dépecer les agneaux… Où trop souvent la misère vous mord les lèvres et la puanteur vous empoigne la gorge. Là où l’amitié reste la grande affaire.

Un jour pourtant, il faut partir, affronter le monde pour tenter d’échapper à cette enfance pleine de terre et de sang qui vous colle à la peau.

Notre avis en un mot (puis quelques autres) : IMPLACABLE

Adaptant le roman de Johannin, Sylvain Bordesoules pose un regard sans fard sur la France de la précarité. Une France qui tourne en rond, et une nasse dont il est très difficile de sortir, dès l’enfance. C’est noir, implacable, parfois difficile à suivre, mais sans jugement. Et divinement bien dessiné.

GALLIMARD | Sylvain Bordesoules, 280 p., 29 €.


2. Six (T.1)

Les mots de l’éditeur

Six (T.1)
Six (T.1) ©Modified by DALIM SOFTWARE

Quel point commun y a-t-il entre un garçon borgne, une jeune prostituée, un déserteur, un esclave en fuite, une nonne défroquée et un Indien renégat ? En apparence, aucun. Rien ne les rapproche. C’est le hasard – et la chance – qui les ont amenés à se rencontrer, car rien ne les rapproche. Rien, sauf peut-être la quête de l’or, promesse d’une vie meilleure et d’un avenir digne de ce nom dans l’Ouest américain, violent et sauvage, des années 1850.

Kid, le jeune garçon éborgné durant une agression qui a décimé sa famille, leur a promis “une montagne d’or” s’ils l’accompagnent dans les Black Hills, où il doit récupérer un document de la plus haute importance.

Notre avis en un mot (puis quelques autres) : CLASSIQUE

Dans l’Ouest américain, un jeune orphelin borgne cherche vengeance et promet fortune à un équipage improvisé et composé d’un renégat, d’une nonne, d’une prostituée, d’un déserteur et d’un esclave en fuite. Des ressorts classiques, mais qui embarquent le lecteur sans déplaisir. À surveiller.

DARGAUD |“Le massacre de Tanque Verde”, Pelaez/Casado, 64 p., 15 €.


3. La sage-femme du Roi

Les mots de l’éditeur

Sage-femme
Sage-femme ©Delcourt

Sage-femme au XVIIIe siècle, Angélique du Coudray a révolutionné l’enseignement de son Art. Jusqu’à cette époque, les morts en couche étaient monnaie courante. Afin de résoudre ce problème de santé publique, elle mit au point une méthode pédagogique innovante qui lui permit de former nombre de sages-femmes mais aussi des chirurgiens, aussi peu experts en obstétrique que les matrones, aux pratiques superstitieuses…

Notre avis en un mot (puis quelques autres) : OUBLIÉE

Aujourd’hui oubliée, Angélique du Coudray a pourtant révolutionné, au XVIIIe siècle (le Moyen Âge du point de vue médical), les méthodes d’accouchement, empêchant bien des décès prématurés. Une belle leçon d’histoire et de modestie… pour ces messieurs.

DELCOURT | Laffitte/Duphot, 128 p., 17,95 €


4. Le dernier quai

Les mots de l’éditeur

Le dernier quai
Le dernier quai ©Bamboo

Les clients de cet hôtel ont un point commun : ils viennent tous de mourir. Dans un rituel immuable, Émile, en hôte bienveillant, les accueille et les guide pour qu’ils puissent faire un point sur leur vie et trouver une forme de résilience. Quant à ceux qui ne parviennent pas à faire la paix avec eux-mêmes, ils connaissent un sort peu enviable. Tout est réglé comme une horloge à l’hôtel du dernier quai. Pourtant un grain de sable va enrayer les engrenages. Cette fois, les nouveaux pensionnaires n’ont aucun souvenir de leur ancienne vie. Dès lors, comment les aider ?

Notre avis en un mot (puis quelques autres) : APAISANT

Victor tient l’hôtel qui sert de dernière étape aux trépassés, à charge pour ces derniers de faire, alors, le point sur leurs vies pour se réconcilier avec eux-mêmes. Mais la nouvelle promotion rompt l’équilibre si parfait du lieu. Une façon étrangement apaisante de parler de la mort.

GRANG ANGLE | Delestret, 60 p., 23,90 €


5. La vengeance de Zaroff

Les mots de l’éditeur

La vengeance de Zaroff
La vengeance de Zaroff ©Le Lombard

Depuis dix ans qu’il y a élu domicile, les États-Unis n’ont pas été à la hauteur des attentes de Zaroff. Quelques criminels, des vagabonds… menu gibier, bien indigne du plus grand chasseur du monde. Mais l’oncle Sam lui offre un nouveau terrain de chasse : sa Russie natale, envahie par les nazis. Zaroff devra y retrouver une physicienne perdue au beau milieu de ces prédateurs du IIIe Reich, dont la sauvagerie n’a d’égale que la sienne. Car plus le jeu est dangereux, plus Zaroff le devient…

Notre avis en un mot (puis quelques autres) : MASSACRE

Après avoir adapté Les Chasses du comte Zaroff, Runberg en imagine une suite dans sa Russie d’origine, où il retrouve une vieille “amie”. L’aventure prend vite des airs de jeu de massacre, et on n’est pas bien sûr d’en comprendre l’intérêt, même si on ne s’ennuie jamais.

LE LOMBARD | Runberg/Miville-Deschênes, 96 p., 18,45 €


6. Abaddon (T.1)

Les mots de l’éditeur

Abaddon (T.1)
Abaddon (T.1) ©Soleil

2027. Partout dans le monde, des objets mythiques des 5 grandes religions sont découverts. Les pouvoirs de ces artefacts sèment la mort et la panique et les hautes instances religieuses semblent cacher un secret qui pourrait anéantir l’Humanité. Trois générations plus tard. Alors que la société s’est réorganisée, des migrants font route vers Si-Naï, où ils espèrent trouver un dernier refuge.

Notre avis en un mot (puis quelques autres) : PROMETTEUR

Prévue en trois tomes, cette série post-apocalyptique se la joue Mad Max et Stargate : rythmé et ingénieux, le récit de Bec met en scène l’apparition des plus fameux artefacts des grandes religions de ce monde ayant conduit à la chute de notre civilisation. Prometteur !

SOLEIL |“Si-Naï”, Bec/Carey, 64 p., 15,95 €


7. Marée blanche

Les mots de l’éditeur

Marée blanche
Marée blanche ©Delcourt

Quand l’équipage du Fargo remonte d’étranges paquets dans ses filets, il ne s’attend pas à 40 kilos de cocaïne. Théo, Laurent, Paul et Jordan se partagent leur trouvaille et jurent de n’en parler à personne, espérant écouler leur trésor compromettant. Sauf que rien ne se passe comme prévu, et la pêche miraculeuse s’avèrera être un cadeau empoisonné qui ruinera la vie des pêcheurs. “Marée blanche” est une aventure stupéfiante !

Notre avis en deux mots (puis quelques autres) : SCARFACE BRETON

Quatre potes pêcheurs tombent sur une cargaison de cocaïne au large des côtes du pays Bigouden. L’opportunité d’une vie ? Les choses se compliquent vite et le rythme de cette sombre histoire s’emballe. Ce Scarface à la sauce bretonne se laisse lire facilement. Même un peu trop.

DELCOURT | Séjourné, 72 p., 15,95 €


8. Les dents longues

Les mots de l’éditeur

Les dents longues
Les dents longues ©Expé

Il a bien grandi le petit chaperon rouge… Elle squatte avec son seul ami, Loup, une des maisons de Mère-Grand, cette dernière, tombant amoureuse de Bucheron, décide de tout vendre pour voyager. Nos deux héros casaniers se retrouvent à la rue… Pas le choix, ils doivent la retrouver pour lui faire entendre raison. D’autant plus que Mère-Grand court un grand danger…

Notre avis en un mot (puis quelques autres) : LOUFOQUE

Ce joyeux délire entraîne le lecteur dans le sillage de Chaperon rouge (plutôt emo pour le coup) et Loup pour un road movie décalé au royaume des contes, à la recherche de Mère-Grand (qui a filé avec Bûcheron). Un dérivé politiquement incorrect et loufoque, plutôt réussi.

EXPÉ | Courty/Evemarie, 80 p., 16,95 €


9. Batman : Beyond the White Knight

Les mots de l’éditeur

Batman - Beyond the White Knight
Batman - Beyond the White Knight ©Urban Comics

Dix ans après que Gotham s’est interrogée sur l’efficacité réelle du Chevalier Noir, Derek Powers a pris le contrôle des actifs de la famille Wayne et utilise l’unité anti-terroriste de la ville pour protéger les citoyens… mais à quel prix ? Le justicier de Gotham est toujours en prison et, en son absence, c’est à Terry McGinnis de prendre la relève. Mais dans cette ville futuriste dystopique, seul le vrai Batman est conscient des dangers à venir…

Notre avis en un mot (puis quelques autres) : INSPIRÉ

12 ans après Curse of the White Knight, Sean Murphy remet le couvert. Batman, en prison car trop violent, y reprend du service. Un troisième volet toujours inspiré de la série d’animation Batman : la relève, et qui vaut le détour… faute de nous surprendre.

URBAN COMICS | Murphy/McCormack/Di Meo, 264 p., 24€

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