Philippe Claudel au cœur de l’âme humaine

Derrière l’enquête policière, " Crépuscule " ausculte l’humain dans ce qu’il a de plus vil. Mais aussi, parfois, de plus beau. Un roman puissant.

Michel PAQUOT
 «Ce qui me plaît dans ce genre de livre, c’est qu’on peut y mettre beaucoup de choses», explique Philippe Claudel.
«Ce qui me plaît dans ce genre de livre, c’est qu’on peut y mettre beaucoup de choses», explique Philippe Claudel. ©DR

Crépuscule s’inscrit dans la lignée des Âmes grises ou du Rapport de Brodeck qui ont fait de Philippe Claudel l’un des écrivains français contemporains majeurs. Comme ces deux précédents romans, Crépuscule commence par un meurtre, ici celui du curé d’un village enfouit sous la neige, à l’aube des années 30. Rapidement, la minorité musulmane fait figure de parfait bouc émissaire, et le jour des funérailles, le Vicaire (majuscule requise) organise un bien étrange Chemin de Croix dans les rues du bourg. "Dans beaucoup d’endroits du monde, pendant des décennies, voire des siècles, des communautés de différentes confessions ont vécu en très bonne entente, rappelle l’auteur. Mais il suffit d’un rien pour que ça éclate. En ex-Yougoslavie, dans les mêmes villages, des amis se sont entre-tués parce que leurs voisins étaient musulmans."

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