Roger, poil à gratter de Léopold II

Tout en dénonçant les atrocités commises au Congo, Roger Casement a mal défendu la cause irlandaise. Il est le héros d’un livre passionnant.

Michel PAQUOT

En 1904, un rapport inflammable arrive sur le bureau du gouvernement britannique qui l’a commandé. Mais qui n’en fera pas grand cas, supprimant notamment le nom des témoins, de peur de trop déplaire à celui dont la responsabilité est mise en cause: Léopold II. Son auteur, Roger Casement, est un diplomate anglais né à Dublin en 1864. Il a, pendant plusieurs mois, enquêté sur le traitement des travailleurs dans les zones d’exploitation de caoutchouc au Congo pour le compte du monarque belge. Et son constat est implacable: la violence et les atroces supplices (dont les fameuses mains coupées) sont monnaie courante. À part l’opposition socialiste, menée par Émile Vandervelde, les autorités et la presse belge font front derrière le roi.