Le puzzle d’une vie insaisissable

Dans "Elle était une fois", Yaël Neeman fait l’étonnant portrait d’une femme à travers les témoignages de celles et ceux qui l’ont croisée.

Michel PAQUOT

"Il y a, dans l'histoire de Pazith, une question lancinante : comment se fait-il qu'une personne aussi brillante, aussi douée, avec un cerveau aussi affûté, une pensée aussi organisée, se soit trouvée empêchée d'en profiter dans le sens habituel du terme, incapable d'en retirer les fruits." Cette réflexion, l'autrice pourrait la faire sienne tant cette femme, qu'elle a brièvement croisé à Tel-Aviv au début des années 1990, est désarçonnante. Elle était une fois n'est pas une fiction, même si sa lecture peut le laisser souvent croire tant son "héroïne" est romanesque, mais le fruit d'une enquête post-mortem menée avec une méticuleuse patience par l'écrivaine israélienne. "Sans pouvoir donner de réponse adéquate" à la question du pourquoi, reconnaît-elle.