Jean-Louis Trintignant en 5 rôles marquants

« J’ai tourné 130 films et ça fait 100 de trop », disait-il. En voici une sélection de cinq, certains très connus, d’autres moins. Les jalons d’une carrière peuplée de personnages singuliers que lui seul avait le don d’incarner.

Xavier Diskeuve
 Jean-LouisTrintignant dans «Le conformiste», l’un des rôles dont il fut le plus fier.
Jean-LouisTrintignant dans «Le conformiste», l’un des rôles dont il fut le plus fier.

1.«Un homme et une femme», de Claude Lelouch (1966)

Palme d’or à Cannes, " Un homme et une femme " de Claude Lelouch est un rôle mythique pour Jean-Louis Trintignant et Anouk Aimée.Ils en tourneront même une suite (" Vingt ans déjà  " en 1986) et une sorte d’ultime évocation dans " Les plus belles annéesd’une vie " sorti en 2019. Voici la bande annonce de la version restaurée avec la musique de Francis Laï et aussi Pierre Barouh et Nicole Croisille en interprètes de la chanson-titre.

2.«Le conformiste», de Bernardo Bertolucci (1970)

Les rôles d’antihéros, se moulant dans un système hypocrite, vont comme un gant à Jean-Louis Trintignant.D’où ce " Conformiste  " d’après Moravia qui voit un homme normal devenir fasciste par besoin de se fondre dans la pseudo-normalité de la société italienne. Le rôle dont le comédien disait qu’il en était le plus fier.

3.«Le mouton enragé» de MichelDeville (1974)

Conseillé par un romancier frustré, un employé quitte son job et entreprend une ascension sociale fulgurante à base de coups tordus. Ne pas manquer cette jubilatoire scène "déclic" avec Jean-Pierre Cassel qui en quelques mots transforme le mouton en… mouton enragé! Un des meilleurs Michel Deville , même si pas forcément le plus connu.

4.«Regarde les hommes tomber» de Jacques Audiard (1994)

’est le premier film de J acques Audiard (connu pour une kyrielle de succès comme "  Un prophète", "De rouille et dos " ou " Dheepan "), et il obtint le césar de la meilleure première œuvre. Il est un des rares films marquants de Trintignant dans les années 90. Il y forme un singulier duo avec Mathieu Kassovitz tout jeunot et il y a aussi, dans un de ses derniers beaux rôles, l’ineffable Jean Yanne.

5.«Amour» de Michaël Haneke (2012)

Un octogénaire assiste à la longue agonie de son épouse, victime d’une attaque cérébrale. Un presque huis clos dur et émouvant, qui aura valu à Trintignant une volée de récompenses (dont le césar du meilleur acteur) et où Emmanuelle Riva est également bouleversante.Sous la houlette du réalisateur autrichien Michaël Haneke qui obtint avec ce film sa seconde palme d’or (après " Le Ruban blanc ").