La magie du grand écran s’étiole au rythme du confinement: «La situation devient vraiment intenable»

Depuis bientôt un an, le milieu du cinéma belge assiste impuissant aux mesures sanitaires prises dans le but d’enrayer l’épidémie de coronavirus et dont les effets sont dévastateurs pour l’ensemble du secteur. Dos au mur, il adresse au gouvernement une lettre ouverte cosignée par plus d’une centaine d’intervenants afin de tirer la sonnette d’alarme.

La magie du grand écran s’étiole au rythme du confinement: «La situation devient vraiment intenable»
Les cinémas belges sont au bord du gouffre. ©Nejron Photo - stock.adobe.com

Plus de 6 mois de fermeture obligatoire, 120 000 fauteuils désespérément vides, 504 grands écrans inlassablement noirs, 1 250 employés privés de leur travail au quotidien ou encore 210 millions d’euros de pertes financières: ces chiffres donnent le vertige. Et dans le rôle du funambule de service, c’est le cinéma belge dans son ensemble, lequel vacille aujourd’hui plus que jamais sur la corde raide.

Dans une lettre ouverte cosignée par plus d’une centaine d’intervenants du secteur, la Fédération des Cinémas de Belgique (FCB) a décidé d’alerter sur la situation dans laquelle ces travailleurs se trouvent plongés depuis bientôt un an.

«Dos au mur»

L’année 2019 avait pourtant donné satisfaction. La magie du grand écran avait attiré pas moins de 19 millions de spectateurs dans les salles obscures du royaume affiliées à la FCB, engendrant ainsi pour le secteur des recettes avoisinant les 300 millions d’euros.

Mais depuis le premier lockdown imposé en mars de l’année dernière, cette tendance s’est naturellement inversée.

Directeurs de cinémas, réalisateurs, acteurs, scénaristes, organisateurs de festivals, régisseurs… Ils sont très nombreux aujourd’hui à tirer la sonnette d’alarme.

«C'est tout un secteur qui aujourd'hui se retrouve dos au mur. Mais pas seulement. Toutes les activités annexes qui dépendent de l'activité des cinémas: cafés, restaurants, boutiques, boîtes de nuit,.. souffrent également de ces fermetures. Pourtant, en cette période de crise, la culture et les liens sociaux sont plus qu'essentiels», assène Thierry Laermans (Secrétaire-Général FCB).

«Aucun foyer»

Au-delà du constat chiffré, c’est aussi le questionnement lié au maintien des mesures de fermeture qui anime aujourd’hui les 113 signataires de la lettre ouverte.

«Tous les cinémas ont pourtant appliqué le protocole de sécurité à la lettre dans les salles et aucun foyer de la Covid-19 n'a jamais pris sa source dans une salle de spectacle. La situation devient vraiment intenable et nous devons alerter nos politiques de l'urgence de prendre des mesures de soutien», insiste ainsi Thierry Laermans.

Des aides insuffisantes

La FCB en profite pour dénoncer le manque de soutien dont il bénéficie auprès des autorités du pays.

«Au total, les aides perçues par les salles de cinéma ne dépassent pas les 3 millions d'euros en Belgique, des montants particulièrement réduits à l'échelle de la crise et en comparaison avec ceux dégagés pour les cinémas dans les pays limitrophes, note la fédération. Les cinémas français ont reçu une aide d'environ 125,8 millions d'euros, aux Pays-Bas, ce sont quelque 55 millions d'euros qui ont été dégagés pour le secteur et en Allemagne, ce chiffre monte jusqu'à 90 millions d'euros