Happy end

Ne vous fiez pas au titre, Happy End est désespérant de A à Z. L’histoire suit une famille bourgeoise qui vit en bordure de la jungle de Calais.

A.J.
Happy end
©AFP

Si le sujet est bien la crise des réfugiés, de cette problématique on ne voit rien. On regarde surtout les membres de ce clan fortuné, tous déprimés. Deux fois «palmé» avec Le Ruban blanc et Amour, Michael Haneke livre ici son œuvre la plus subtile. L’ambiance est pesante, comme un cri de colère silencieux. Incroyablement cynique, c’est le film qui a divisé la Croisette hier et pour cause, rien n’est dit ni montré, tout est suggéré. Happy End est un film dont l’effet peut se diffuser lentement et heurter de manière feutrée, il faut attendre 24 h pour ressentir le choc. Car si c’est un film plombant, il ne laisse pas indifférent. Notez à l’affiche, la présence de l’actrice belge Laura Verlinden, excellente dans son rôle de femme bourgeoise effacée.