Priez pour eux

Opportunément, Vincent Lannoo signe une farce malsaine et grossière sur l'Eglise et ses dérives.

Michaël Degré
Priez pour eux
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Ce que ça raconte

Animatrice sur Radio Espoir Chrétienté, Élisabeth est fière de sa famille, dont fait désormais partie le père Achille, son collègue et confident. Tout s'écroule lorsque son mari, membre d'une secte guerrière, décède au cours d'une manœuvre. Pour ne rien arranger, cette fervente pratiquante découvre que son fils a été abusé par le père Achille. Et que, loin de condamner le comportement de l'ecclésiastique, sa hiérarchie le couvre. Sans sacrifier à ses convictions, Élisabeth entame alors une vendetta sanglante.

Ce qu’on en pense

Quand il ne tourne pas, aux États-Unis et avec des acteurs américains, des films en anglais pourtant nourris à l'argent belge (Little Glory), Vincent Lannoo réalise désormais des œuvres engagées. Enfin, c'est ce qu'on croit comprendre. Quand on écarte les branches trop longues de l'embrouillamini qui lui sert ici de scénario, l'on devine que le garçon, poussé par l'actualité, a «courageusement» tenté de dénoncer les dérives de l'église catholique. Et, plus largement, l'aveuglement que peut induire une religiosité exacerbée, tous cultes confondus.

Oui, mais voilà: son récit, pas maîtrisé pour un sou et qui penche par moments à droite de la droite, s’embourbe dès les premières scènes dans ses propres contradictions. Et si analyse il y a vraiment (on n’en est pas encore très sûr), elle est professée avec de si gros sabots et une telle (sur) enchère de violence gratuite (tiens, voilà des abats) qu’elle ne percole jamais jusqu’au cerveau malmené du spectateur. Lequel se demandera encore, de longues heures après le générique de fin, ce que cachait réellement cette effroyable et malsaine caricature de la chrétienté. Car, non, la provocation n’excuse pas tout. Et il ne suffit pas de manquer de respect à la religion, pour faire preuve de pertinence. Encore moins de talent. Amen.

La remarque quisert à rien

Plutôt qu' "Au nom du fils", relouez-vous plutôt le "Au nom du père" de Jim Sheridan, avec Daniel Day-Lewis. C'est moins pieux, mais au moins, c'est un vrain film.

Toutes les sorties cinéma de ce mercredi

"Au nom du fils", drame de Vincent Lannoo. Avec Astrid Wethnall, Philippe Nahon, et Zaccharie Chasseriaud (1h40).