RTBF: en désaccord, Dan Gagnon préfère démissionner plutôt que de signer une clause de confidentialité salariale

Chroniqueur dans «Le réveil de Tipk» et auteur d’une tribune critiquant les choix de l’audiovisuel public, Dan Gagnon a préféré démissionner que de signer la clause de confidentialité salariale réclamée par la RTBF.

F.G.
RTBF: en désaccord, Dan Gagnon préfère démissionner plutôt que de signer une clause de confidentialité salariale

Lundi 19 septembre: Dan Gagnon, chroniqueur dans l’émission Le réveil de Tipik prend ses responsabilités et décide de dire ce qu’il pense du choix de la RTBF de diffuser les matches de la Coupe du monde au Qatar. « Quand j’ai entendu qu’un des arguments de la RTBF était que “diffuser n’est pas cautionner”, il n’était pas question pour moi de laisser passer ça, explique l’humoriste. La RTBF n’est pas mon employeur, c’est mon client et j’estime avoir fait mon travail de service public en assurant “audace et pluralité des points de vue”. »

La production n’a pas l’air ravie mais ne lui sort pas pour autant le carton rouge directement.

« Moi, je joue pour la team chroniqueurs »

Par contre, la direction revient l’air de rien avec la convention qui lie les indépendants à la RTBF. "Il faut savoir qu’ils m’ont contacté 5 jours avant que je ne prenne l’antenne. Du coup, on s’était mis d’accord en vitesse notamment sur mon salaire et sur le fait que j’avais carte blanche pour parler de ce que je voulais à l’antenne. Mais il restait cette convention à signer. Il y avait différents petits trucs dedans qui m’ennuyaient et un sérieux dernier point qui concernait la confidentialité de mon salaire. Je n’étais pas d’accord avec ça: je ne voulais pas garder ça secret par rapport aux autres chroniqueurs. Et puis, ça n’est pas normal de la part d’un service public."

Et d’ajouter: "Vis-à-vis des autres chroniqueurs, ça n’est pas normal: moi je suis dans la team chroniqueur. Je veux que les autres sachent combien je gagne et s’il y en a un qui est meilleur que moi, c’est normal qu’il gagne plus que moi. Je ne jouerai pas contre mon camp."

Un style « toujours un peu trash »

Du coup, Gagnon a préféré partir plutôt que de s’écraser.

Car l’humoriste n’est pas dupe: "Ça aurait pu être réglé en 30 secondes mais au lieu de ça, ça a pris dix jours. Si la RTBF n’avait pas été contente parce que je n’avais pas été drôle, j’aurais pu le comprendre mais ici, la RTBF n’est pas contente parce que j’ai mis le doigt sur quelque chose qui ne va pas et qui met mal à l’aise."

Soulignant qu’il a toujours eu un style un peu trash, Dan Gagnon ajoute qu’il ne pouvait pas revenir à l’antenne après une chronique comme celle-là et parler de "saute-mouton".

Et de conclure: « La RTBF pense encore que les artistes ont besoin de son soutien médiatique pour exister mais ça n’est plus comme ça que cela fonctionne. Avec les réseaux sociaux aujourd’hui, un humoriste n’a plus besoin de passer à la RTBF ou d’avoir une chronique pour trouver son public. C’est certain que l’on touche un public plus large en y ayant une chronique mais on vit très bien sans aussi. Et cette chronique, elle va revenir dans l’actualité parce que les médias vont commencer à sortir des papiers sur les à côtés de la Coupe du Monde et mon billet ressortira forcément du placard. "