Le mois de septembre 2022 dans la ziquemachine à remonter le temps

Petit moment de détente musical. Qu’écoutait-on en août 2012, 2002, 1992, 1982, 1972 et 1962 ? Réponse dans ce petit montage signé Patrick Zirpolo qui nous emmène dans une ziquemachine à remonter le temps.

M.U.

2012Alex Ferrari – Bara bará bere berê

Le mois de septembre 2022 dans la ziquemachine à remonter le temps

En cette fin d’été 2012, c’est un hit qui a fait danser tout le monde sur les plages des campings et les pistes des discothèques qui se retrouve en tête des charts: Bara bará bere berê d’Alex Ferrari.

C’est en mars 2011 que le chanteur brésilien enregistre ce titre dont le refrain est basé sur une mélodie populaire du folklore local. Quelques touches d’électro, un beat entraînant et l’affaire est faite. Alex Ferrari est le troisième chanteur brésilien à être classé numéro un en France après Michel Teló (Ai se eu te pego) et Gusttavo Lima (Balada).

On ne s’attardera pas sur les paroles – "C’est Alex Ferrari qui fait le bará berê Et quand je t’attraperai, tu deviendras fou Tu vas être fou, fou dans tes vêtements" – ni sur le clip où le réalisateur semble avoir un penchant prononcé pour les postérieurs des jeunes filles qui se trémoussent en micro-maillots.

2002Las Ketchup – The Ketchup Song (Aserejé)

Le mois de septembre 2022 dans la ziquemachine à remonter le temps

En 2002, ce n’est pas un tube brésilien mais bien espagnol qui a fait danser les vacanciers: The Ketchup Song (Aserejé), par Las Ketchup.

Groupe formé de trois sœurs – Lola, Pilar et Lucía – originaires de Cordoue en Andalousie, elles sont les filles d’un joueur de flamenco, Juan Muñoz, que les Espagnols surnomment… El Tomate. Le nom du groupe est tout trouvé, ce sera Las Ketchup. Quant au titre de la chanson, Aserejé, ne cherchez pas une signification, ce mot n’existe pas en espagnol.

L’histoire est assez amusante: il s’agit d’une traduction phonétique de ce qu’un Espagnol (qui ne comprend pas bien l’anglais) entend quand il écoute Rapper’s Delight de Sugarhill Band: "I said-a hip, hop, the hippie, the hippie, To the hip hip hop-a you don’t stop the rock, It to the bang-bang boogie, say up jump the boogie, To the rhythm of the boogie, the beat…" qui devient "Aserejé, ja deje tejebe tude jebere, Sebiunouba majabi an de bugui an de buididipí"… Plutôt surprenant! Et c’est sans doute pour cette raison que, dans les pays non-hispaniques, le titre sera rebaptisé The Ketchup Song.

La chanson devient numéro un peu partout en Europe, surtout grâce à sa chorégraphie facile à retenir et reproduire. Las Ketchup vendra 8 millions de singles à travers le monde!

1992Snap! – Rhythm Is A Dancer

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Notre sélection est très internationale puisque cette fois, c’est un groupe allemand qui décroche la timbale du tube de l’été et trône en tête des hit-parades en cette année 1992.

Groupe originaire de Francfort formé à la fin des années 80 par Michael Münzing et Luca Anzilotti, Snap! surfe sur le succès de l’Eurodance qui règne en maître dans les discothèques à la fin des années 80 et au début des années 90.

Publié en mars 1992, le single Rhythm Is A Dancer mettra quelques mois à s’imposer. Le titre se classe premier au Royaume-Uni, en France, en Belgique, aux Pays-Bas, en Autriche, en Allemagne et en Suisse. La chanteuse que l’on peut entendre s’appelle Thea Austin et est originaire de Pittsburgh en Pennsylvanie. Elle remplace son amie Penny Ford qui chantait sur le titre The Power, premier succès de Snap!.

Austin formera ensuite Soulsearcher en 1995 avec Marc Pomeroy.

1982F-R David – Words

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Lors de la rentrée de septembre 1982, c’est un morceau pop avec une grosse connotation sentimentale qui est sur toutes les lèvres. Il est chanté par un certain F.R. David et s’intitule Words. Multi-diffusé en radio, il entre rapidement dans toutes les têtes et 40 ans plus tard, les paroles – assez faciles à retenir – sont toujours bien présentes: "Words don’t come easy to me, How can I find a way to make you see I love you, Words don’t come easy, Words don’t come easy to me, This is the only way for me to say I love you, Words don’t come easy…"

Mais qui est donc ce mystérieux F.R. David? Il s’agit du pseudo de Elli Robert Fitoussi, né à Ferryville (Tunisie) en 1947. Le bonhomme a jusque-là mené une carrière dans l’ombre, collaborant avec Claude François, Éric Charden, Gérard Manset, Vangelis (il fait les chœurs et joue de la basse sur l’album Earth). Il passe aussi 5 ans aux États-Unis et bosse comme musicien de studio pour Toto ou Doobie Brothers, avant de devenir le chanteur du groupe français Les Variations.

Début des années 80, il signe chez Carrere et enregistre Words, morceau qu’il avait écrit avec Farid Khaldi pour un album en anglais qui n’est jamais sorti. Il le retravaille pour lui donner un côtémoins sombre et c’est bingo. Pour la petite histoire, pour l’enregistrement de la démo, F.R. David a oublié sa guitare. Il est obligé de se rabattre sur un synthé qui donne cette couleur particulière au morceau.

1972Julio Iglesias – Un canto a Galicia

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En septembre 1972, l’heure est au romantisme, avec Julio Iglesias qui chante Un canto a Galicia. Cette bluette chantée en langue galicienne séduit le public et devient numéro un aussi bien en Espagne que dans plusieurs pays d’Amérique latine et d’Europe (dont les Pays – Bas, la France et la Belgique).

Les paroles évoquent l’amour que Julio Iglesias porte à sa région d’enfance, la Galice. C’est également le lieu de naissance de son père Julio Iglesias Puga, à qui il rend hommage.

Avec cette chanson, Julio Iglesias reçoit le prix du plus gros vendeur de disques au monde de la part de sa maison de disques Colombia. C’est le vrai démarrage d’une carrière internationale qui connaîtra son apogée à la fin des années 70 et au début des années 80.

1962Richard Anthony – J’entends siffler le train

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Si Johnny Hallyday a eu un concurrent sérieux en termes de vente de disques au début des années 60, c’est bien Richard Anthony. Et celui-ci le prouve une nouvelle fois en cette fin d’été 1962 avec J’entends siffler le train, adaptation de 500 Miles, chanson folk américaine écrite par Hedy West. Les paroles françaises sont écrites par Jacques Plante, parolier prolifique qui travaillera pour Charles Aznavour, Yves Montand, Georges Guétary, Line Renaud, Sheila, Joe Dassin…

Pourtant, Richard Anthony a failli ne pas enregistrer ce morceau, jugé trop lent par son entourage, alors que la mode est au au rock’n’roll et au twist. Mais il réussit à persuader les patrons de son label Pathé Marconi et le 45 Tours sort en juin 1962, en même temps que la version chantée par Hugues Aufray, qui passe elle quasi inaperçue.

La version de Richard Anthony – qui est en fait une face B – se vend à 1,5 million d’exemplaires et devient le premier vrai « slow de l’été » en France. Au total, il sera n°1 des ventes pendant 21 semaines cette année-là, avec les titres La Leçon de twist et J’entends siffler le train.

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