DreamWall s’offre une allonge

Le prochain long-métrage animé d’Astérix et Obélix sera tourné à… Marcinelle. Dans un studio DreamWall qui nourrit de grandes ambitions.

DreamWall s’offre une allonge
dreamwall 2.jpg ©DreamWall
Michaël Degré

Qu'on se le dise: l'animation, ça ne se passe pas qu'aux États-Unis. On sait le succès de Ben Stassen et de ses studios Wave Pictures, à Bruxelles (Fly me to the moon, Sammy 1 & 2). Un peu plus au Sud, dans l'Entre-Sambre-et-Meuse, à Marcinelle plus exactement, les studios DreamWall, propriété du groupe Média-Participations, en sont une nouvelle preuve. Vendredi, ils se sont même offert une augmentation de capital qui viendra, à terme, gonfler leur budget de plus d'un million€. 535 000€ immédiatement versés par deux nouveaux actionnaires, Wallimage Entreprises et Sambrinvest, et 612 000€ ajoutés à plus long terme par des partenaires déjà solides, la RTBF et Dupuis.

Petit studio deviendra grand

Il faut dire qu'en cinq années d'existence, DreamWall a bien grandi. Créée en 2007, la petite société s'est vite imposée comme un acteur incontournable dans le paysage audiovisuel grâce à ses adaptations, pour le petit écran, de quelques séries phares des éditions Dupuis, dont elle partage les locaux… et dont elle est censée développer le catalogue. Cédric et Le Petit Spirou y ont par exemple vu le jour, avant de connaître une belle carrière, que ce soit sur la RTBF (un autre partenaire) ou M6. L'affaire est même profitable: «Ce n'est pas une augmentation de capital pour renflouer une entreprise en perdition, rassure François Pernot, le directeur du Pôle Image de Média-Participations. DreamWall est rentable.»

Oui, mais voilà: la concurrence est rude dans le secteur. «Des studios, vous en trouvez partout en Europe: en Allemagne, en France, au Luxembourg, poursuit François Pernot. Mais si vous cherchez le moindre coût, vous allez au Laos, au Vietnam ou en Indonésie. Aujourd'hui, nous préférons faire la différence dans les secteurs les plus porteurs

Clairement dans l'objectif: le cinéma d'animation. Plus encore depuis que DreamWall a été contacté pour réaliser une partie du prochain long-métrage animé d'Astérix et Obélix. Une adaptation du Domaine des Dieux dotée d'un budget pharaonique de 30 millions€, dont 6,7 seront dépensés en Belgique, et notamment chez DreamWall, où une douzaine de personnes sont déjà à la tâche depuis deux semaines. Thibault Baras, manager général de DreamWall: « C'est la preuve que notre savoir-faire est reconnu par des acteurs importants. Et nous sommes convaincus qu'il faut donner à DreamWall les moyens d'encore se développer, tant sur le plan artistique que commercial ».

La recapitalisation ne servira pas à autre chose. D'ailleurs, le pôle de production belge du groupe a été restructuré avec l'absorption d'Araneo par Belvision, une maison historique qui avait, dans les années 60-70, sorti les premières adaptations de Tintin, des Schtroumpfs et… d'Astérix. Dans le même temps, un studio virtuel, KeyWall, a été inauguré courant 2011, toujours à Marcinelle, « dont nous voulons faire un bassin de création», assure François Pernot. On y conçoit donc désormais aussi des décors virtuels ou des habillages d'antenne, à l'image du prochain bulletin météo new-look de la RTBF.

« Garder la création chez nous »

C'est que si le cinéma est une ambition réelle, il n'est qu'un pan dans la stratégie globale pensée par Média-Participations. Qui entend se diversifier au maximum, et notamment dans les secteurs du multimédia et du cross-média: « Le plus important, insiste François Pernot, est de garder la création chez nous. Et pour cela, nous avons besoin des outils qui le permettront. Et qui permettront aux jeunes auteurs de se développer sur plusieurs plateformes à la fois. Car ils ne se contenteront plus de cases qui se suivent, même sur le plus beau papier du monde