La métamorphose de Lorànt Deutsch

Entre retour sur les planches et écriture de son nouveau livre sur l’histoire de France, Lorànt Deutsch revient sur son actualité mouvementée.

La métamorphose de Lorànt Deutsch
lorànt deutsch au théâtre ©Bernard Richebé

Depuis ses jeunes années et ses passages dans Le Raid ou Les intrépides , Lorànt Deutsch s'est métamorphosé. Auteur d'un best-seller et acteur de théâtre, il sera présent à l'Aula Magna de Louvain-la-Neuve pour la dernière fois ce soir.

C’est un bonheur d’incarner Puck dans « Le songe d’une nuit d’été » ?

Je ne me reconnais pas vraiment en lui mais pour le reste, la pièce est magistrale ; elle dénote du Shakespeare tragique auquel on nous a accoutumé. Puis, Nicolas Briançon a transposé la pièce dans les ‘70. On est plongé dans une aire post-mai 68 empreinte de liberté. La seule question qui importe à cette période et dans la pièce de William Shakespeare, c’est: « que ferait l’homme s’il pouvait laisser libre cours à ses pulsions ? »

Comment le petit roquet que vous incarniez il y a dix ans peut se permettre de jouer du Shakespeare et écrire des livres sur l’histoire française ?

À l’époque, je répondais à la demande. On m’a collé une étiquette de jeune con et mes employeurs ne me voyaient qu’au travers de cette image. J’avoue aimer les grands rôles classiques mais être jeune, insouciant et candide est un trésor que je tends à conserver. Dans mon ouvrage, Métronome, L’histoire de France au rythme du métro parisien , j’ai essayé de garder ce regard émerveillé tout en traitant un sujet sérieux. Notre histoire est un miracle en soi si on pense à tous les rebondissements qu’elle a traversé.

Vendre 2 millions d’ouvrages, c’est également un miraclemême si certains les auraient bien brûlés !

Miraculeux est le terme, malgré qu’il ait engendré la polémique. Cinq gars du Front de gauche m’ont lynché. On m’a catalogué comme un royaliste d’extrême droite. Lorsque j’ai appris cela, je me suis senti naïf comme un Monsieur Jourdain. Je me suis rendu compte que la critique historique n’était pas neutre, c’est un véritable champ de bataille des opinions. Les militants de gauche utilisent l’histoire pour servir leurs idéaux. J’ai commis l’erreur de faire preuve de candeur et j’ai librement cité certains auteurs marqués idéologiquement. Mes détracteurs ont toutefois oublié de préciser que j’ai reçu deux décorations suite à mon roman. L’une (Chevalier des Arts et de Lettres, NDLR) est un symbole républicain, l’autre (Médaille d’honneur de la ville de Paris, NDLR) m’a été décernée par un maire socialiste.

Vous n’avez jamais souhaité en discuter avec eux ?

C’est un faux débat mais je leur ai proposé une discussion privée. Eux voulaient un débat télévisé. J’ai refusé car je sentais que je m’aventurais sur un terrain glissant. Chacun de mes mots aurait été une arme pour eux.

L’adaptation de votre roman va être rediffusée sur TV5 après avoir cartonné sur France Télévision !

J’en suis très satisfait. Ça n’a pas été très bien vu par le Front de gauche mais ils devraient se pencher sur le chiffre d’affaires de la série car ma soi-disant œuvre de propagande a rapporté de l’argent à l’État français.

Vous publierez bientôt votre second roman. Vous pouvez nous en dire plus ?

Il est prévu pour mars, j’y mets la touche finale. Son canevas est proche de Métronome . J’utilise à nouveau des repères spatiaux et temporels, tout en développant mon texte autour des voies de communication. J’ai considéré la France comme un corps humain, comparant le système sanguin aux routes. ¦