À propos d’un massacre

Prix Rossel 2010 avec Ego Tango, la Belge Caroline De Mulder revient avec ce bien étrange roman. «Nous les bêtes traquées, nous aimons changer souvent de pelage», écrit sa narratrice , Marie, tenues extravagantes et refaite de partout, notamment des seins, lui lassant deux cicatrices «comme deux grands sourires». Elle partage la vie d’un célèbre avocat qui défend «les grandes causes», les demandeurs d’asile ou les millions de personnes croupissant en prison sans procès. Il assistait à une vente de charité en Ouzbékistan lorsqu’a eu lieu un massacre à Andijan en 2005, coûtant la vie à plusieurs milliers d’Ouzbeks. Massacre qui est d’ailleurs raconté par ses acteurs-victimes en cours de roman. Aujourd’hui, «Max» va témoigner devant la Cour pénale internationale et, en attendant, se cache à Bruxelles, dans une maison de Saint-Josse dont la cave est sous eau. Parmi les différentes voix qui interviennent, figurent notamment la sienne et celle d’un certain Ismaïlov chargé, semble-t-il, de le surveiller. Nous les bêtes traquées est un roman d’un abord assez complexe qui demande au lecteur de se laisser emporter par sa langue très travaillée. M. P.

M. P.
À propos d’un massacre
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Caroline De Mulder, « Nous les bêtes traquées », Caroline De Mulder, 215 p., 17,50€.