CHARLEROI

"La planification d’urgence, ce n’est pas prévoir l’imprévisible"

"La planification d’urgence, ce n’est pas prévoir l’imprévisible"

La «PlanU», c’est s’assurer d’avoir les bons atouts dans sa manche en cas d’urgence. Guillaume

Stéphanie Legat est coordinatrice en planification d’urgence (PlanU) à Charleroi depuis novembre dernier. Rencontre.

En cas de catastrophe, comment réagir à temps, savoir qui fait quoi et comment communiquer? Stéphanie Legat est la nouvelle coordinatrice de la planification d’urgence à Charleroi. Infirmière de formation, spécialisée en soins intensifs, elle a travaillé 13 ans aux urgences du Grand Hôpital de Charleroi et au service cardiologie, en suivant en parallèle un master en santé publique. Elle est en fonction depuis novembre dernier.

La planification d’urgence, qu’est-ce que c’est?

C’est essayer d’établir les moyens dont on dispose, définir des procédures et créer des outils; d’avoir de quoi mobiliser facilement tout le nécessaire pour gérer une situation d’urgence, protéger la population et ses biens.

Il y a des priorités à Charleroi

Il y a déjà eu beaucoup de boulot fait par Madame Velghe qui m’a précédée, mais le temps passe et il faut régulièrement adapter les plans aux changements de ressources et aux changements humains. L’objectif, en 2022, est de mettre à jour le plan général d’urgence et d’intervention. C’est un document qui reprend les grandes lignes à assurer en situation d’urgence, quelle qu’elle soit. Quelles ressources a-t-on? Que peut-on mobiliser? Comment peut-on alerter la population et lui conseiller une attitude à adopter? C’est un travail de concertation, avec notamment la police, les pompiers, les services de la Ville, la planification d’urgence provinciale… Il faudra aussi remettre à jour les plans canicule et grand froid, par exemple, parce qu’ils dépendent de l’actualité et des besoins de la population. À part ça, sur Charleroi, on peut par exemple pointer qu’il existe des buildings assez hauts ou des grandes salles comme les Expos, ce qui peut présenter des difficultés pour les secours quand il y a beaucoup de gens à évacuer. On doit y penser.

Comment prévoit-on l’imprévisible?

Attention, on n’essaie pas de prévoir l’imprévisible : on réfléchit en multidisciplinarité pour poser les différents scénarios possibles. On ne peut malheureusement pas tout prévoir, il faut donc pouvoir s’adapter à des situations quand elles se présentent. Le plan n’est pas un document qui mâche tout le boulot, mais un support pour anticiper la manière dont on peut s’organiser. Pour faciliter cette adaptation à une situation d’urgence donnée, en fait. Et à partir de là, on fait du mieux qu’on peut.

La Covid, les hôpitaux, les entreprises qui manipulent des produits dangereux : vous vous en occupez?

Pas directement. Le Covid a eu un impact certain sur l’organisation d’événements sur le territoire de Charleroi. Ça a ajouté un risque supplémentaire à côté des choses qu’on doit habituellement faire, comme contrôler les extincteurs, les issues de secours, les raccords au gaz, s’accorder pour voir où passent les pompiers et ambulances si c’est nécessaire, etc. Un collègue qui a fait fonction en attendant mon arrivée s’est quant à lui occupé de la mise en place du centre de vaccination et de la distribution des masques. Par contre, pour les entreprises Seveso, tout va dépendre de la phase qui est déclenchée, en fonction de l’étendue géographique, des risques encourus, de l’ampleur de la situation, etc. La phase communale, c’est une cellule de crise avec le bourgmestre, les chefs de corps, la communication de la Ville et moi-même par exemple, mais on tient informé le gouverneur de la Province. Il y a aussi une phase provinciale où le gouverneur reprend les rênes, un centre de crise régional existe aussi. L’IRE de Fleurus, par exemple, même si ce n’est pas une centrale, possède des éléments radioactifs, et c’est donc le plan provincial qui interviendrait, peut-être même fédéral vu l’aspect nucléaire. Les hôpitaux, enfin, ont leurs propres plans pour assurer leurs activités en cas d’afflux massif de blessés ou de malades, mais on est bien sûr en contact.

Un dernier conseil à donner aux Carolos?

Il peut être intéressant de pousser les gens à s’inscrire à BeAlert pour recevoir des informations en cas d’urgence, et rappeler l’existence de l’application Be112 pour faire appel aux services de secours avec la géolocalisation de son téléphone. Ça peut aider en cas de situation difficile.


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