HUY - TRIBUNAL CORRECTIONNEL

Le Polonais qui voulait aller en Suisse

Le Polonais qui voulait aller en Suisse

L’homme, sous l’influence de drogues, s’en était pris au buffet de la gare de Huy. ÉdA Renson

En déroute dans notre pays et sous l’influence de drogues, un Polonais de 35 ans s’en était pris au buffet de la gare de Huy.

Nous sommes le 5 août 2021, peu avant minuit. On a vu un homme, quelque part à Comblain-au-Pont, mettre le feu à plusieurs tas de déchets amassés après les inondations de juillet.

On l’a vu aussi rentrer dans un café de la localité, sans effraction. Intercepté par la police condrusienne, il est pieds nus, ne parle pas le français et se balade sans passeport. Tant bien que mal, il parvient néanmoins à se faire comprendre. Il veut prendre un train pour rallier l’aéroport d’Amsterdam afin de prendre un vol pour la Suisse. La patrouille le dépose à la gare la plus proche, celle de Huy. Mais en pleine nuit, pas de trains, évidemment.

En déroute et sous l’emprise de LSD et de MDMA, l’homme jette un pot de fleurs dans une vitre du buffet de la gare (où quelques pièces auraient disparu). Il endommage aussi le câblage et les caméras du système d’alarme du bâtiment. Pourquoi? "Pour être arrêté par la police et aller en prison le temps que les drogues se dissipent de mon organisme", a expliqué ce jeudi à l’audience ce Polonais de 35 ans, aidé d’une interprète.

Effectivement arrêté par la police, l’homme a aussi été incarcéré. Et il l’est maintenant depuis cinq mois et demi… "En soi, les faits ne sont pas très graves, admet la procureure de division, Brigitte Leroy. Mais c’est le comportement de monsieur dans la foulée de son arrestation, qui interpelle. Dans sa cellule, il shoote et frappe dans tout, urine et défèque. Son comportement est tellement interpellant que le juge d’instruction demande une expertise psychiatrique, qui révèle un souci de personnalité mais dit qu’il est bien responsable de ses actes, ce qui fait qu’on le retrouve ici aujourd’hui."

Impossible de lui imposer des conditions, une probation

L’autre souci, c’est qu’il est évidemment impossible de condamner l’homme en lui imposant des conditions à respecter (dans le cadre d’un sursis ou d’une probation autonome) dans notre pays puisqu’il n’y est pas domicilié et ne compte pas y rester. C’est ainsi que la procureure de division a demandé qu’il soit "juste" condamné à une peine équivalente à la durée de sa détention préventive (depuis début août, quand même) "puisqu’on n’a de toute façon aucune possibilité d’envisager une peine pour lui ici".

Une vision des choses évidemment suivie par l’avocat qui défendait le Polonais. Qui devrait donc sortir de prison dans quelques semaines, une fois le jugement prononcé. Ce qu’il compte faire ensuite? "Aller en Suisse." Comme cette fameuse nuit d’il y a bientôt six mois…

Jugement le 10 février.


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