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NAMUR

Namur | Mobilité autour de la MAP: sortir du tunnel

Namur | Mobilité autour de la MAP: sortir du tunnel

La Maison administrative provinciale, un projet flirtant avec les 25 millions€, est opérationnelle depuis cet été. EÉA - – Florent Marot

Autre volet du vaste chantier de la maison administrative provinciale: les aménagements périphériques en faveur de la mobilité. Plusieurs mois après l’inauguration du bâtiment, ils n’ont toujours pas commencé.

L’été dernier, la Province de Namur investissait à Salzinnes les locaux flambant neuf de sa Maison administrative provinciale (MAP) au terme de deux ans et demi de travaux.

Néanmoins, si les mois s’écoulent, tout un pan du dossier est toujours inachevé: celui relatif aux différents aménagements de mobilité en périphérie du site.

Celui-ci comporte deux volets. L’un concerne l’aménagement de carrefours avec feux tricolores (lire ci-contre). L’autre vise la création d’un second accès au site via la rue Woitrin, en franchissant les rails qui mènent aux ateliers d’Infrabel, le gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire. Et ce, afin d’éviter de concentrer tout le flux de circulation sur l’unique voie d’entrée que l’on connaît aujourd’hui. Ce dernier volet, qui trouve son origine dans un accord politique passé entre la Ville et la Province, est de loin le plus complexe.

Or, si l’accord avec la Ville prévoit un second accès, c’est Infrabel qui demande un tunnel. On pourrait aussi avoir un passage à niveau…

S’il est prévu que la Province s’acquitte de la note, c’est à Infrabel de se charger des études techniques préalables à la réalisation d’un tunnel sous voies.

Une convention à signer

Où en est-on? Nulle part. On attend qui? On s’y perd. Entre les différents acteurs, les sons de cloche divergent.

"Infrabel est toujours en attente d’une réponse de la Province de Namur, relative à plusieurs points, qui permettra la rédaction d’une convention réglant les modalités pratiques et financières de ce chantier. Dès que cette convention aura été signée par les différentes parties, les équipes d’Infrabel apporteront leur expertise dans la préparation (notamment la rédaction d’un cahier des charges) et la surveillance des travaux d’aménagement du passage sous voies de la rue Woitrin", indique-t-on chez Infrabel.

Pour sa part, le député provincial Amaury Alexandre (DéFI) explique qu’une convention a bien été votée par le conseil provincial fin 2019 et retournée à Infrabel pour signature. Le gestionnaire aurait par la suite fait part de sa volonté d’en modifier certaines clauses. "Depuis lors, nous n’avons jamais reçu formellement les modifications qu’ils souhaitent apporter."

En parallèle, des discussions auraient été engagées avec le cabinet du ministre compétent. Bref, chacun attend l’autre. Il serait de bon ton pour les différents acteurs de dissiper tout mal entendu au plus vite afin de faire avancer le dossier.

"Mais au fond, on peut se demander si le jeu en vaut bien la chandelle", poursuit Amaury Alexandre affirmant qu’en plus de 6 mois d’occupation, aucun problème de mobilité n’a été signalé. Il faut dire qu’en raison du contexte sanitaire, la majorité des 400 fonctionnaires provinciaux amenés à fréquenter la MAP travaillent depuis leur domicile. Néanmoins, cette réalité ne serait pas seulement conjoncturelle à en croire le député. "À la Province, le télétravail était déjà institué avant le Covid et il va probablement être amplifié dans les années à venir", indique-t-il. L’impact sur la mobilité n’en serait que moindre.

Passage à niveau, tunnel?

"Or, si l’accord avec la Ville prévoit un second accès, c’est Infrabel qui demande un tunnel. On pourrait aussi avoir un passage à niveau…"

Une solution qui irait à l’encontre de la politique du gestionnaire de réseau qui s’emploie justement à supprimer ce type d’infrastructure. "C’est une position de principe qu’on peut comprendre. Je la partage, assure l’amarante. Mais il faut aussi un principe de réalité. Certes, un tunnel est plus sécurisant, mais il n’y a que deux trains par jour qui passent sur cette ligne, et à 10 ou 20 km/h…"

La formule pourrait satisfaire l’association de riverains Salzinnes Demain. Elle serait surtout moins coûteuse pour les deniers publics dont dispose l’institution provinciale.

Mais poussée à son paroxysme, la logique pose une autre question: l’investissement dans un outil comme la MAP, du moins dans les dimensions qu’on lui connaît et à l’aune d’une montée en puissance du télétravail amorcée avant la pandémie, était-il nécessaire?

Carrefours à feux: vers la fin des études préalables

Autres aménagements prévus en périphérie du site de la Maison administrative provinciale afin de limiter les impacts sur la mobilité dans le quartier: l’installation de différents carrefours à feux.

Ceux-ci font cette fois partie, contrairement à la réalisation d’une seconde voie d’accès au site, des conditions intrinsèques au permis délivré pour la construction bâtiment. Ils n’ont, pour l’heure, toujours pas été mis en œuvre.

Comme l’explique le député provincial Amaury Alexandre (DéFI), "ces choses prennent du temps (..) Des études relatives à la mobilité ont dû être réalisées. Et surtout, ces aménagements nécessitent de mettre plusieurs acteurs autour de la table, ce qui n’est pas simple. Par ailleurs, tout doit être validé par le SPW qui est gestionnaire de l’Avenue du Val Saint-Georges et de la N90…"

En attendant que les choses avancent, la possibilité d’installer des feux provisoires a été un temps évoquée, mais celle-ci se heurte à une impossibilité légale.

Pour autant, dans l’ombre, le travail se poursuit. Le bureau d’étude de la Province planche sur le sujet, assure-t-on. "Nous disposons déjà des plans concernant le carrefour avec la rue Woitrin", indique le député. "En ce qui concerne le tourne à gauche avec la rue Henri Blès, celui-ci requiert une demande de permis d’urbanisme puisqu’un élargissement de la voirie est nécessaire. Elle sera déposée prochainement."

Une annonce qui devrait partiellement soulager le comité de riverains Salzinnes Demain, membre d’un comité d’accompagnement, qui entend bien voir ces travaux se réaliser. Il en va de toute la mobilité d’un quartier en pleine mutation. D’ailleurs, au-delà de ce seul aspect, et compte tenu des différents projets amenés en cours ou à venir à Salzinnes, l’association en appelle à une réflexion globale sur le développement de la zone.


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