Cour d’assises de Liège

La défense de Diana Hanzé réclame son acquittement

La défense de Diana Hanzé réclame son acquittement

Mes Jean-Paul Reynders et Mathieu Simonis ont plaidé l’acquittement de leur cliente. BELGA

Il n’y a pas de preuve formelle qu’elle serait à l’origine de la mort de Mohamed El Atmani, à Verviers, ont plaidé les avocats, qui ont brandi le spectre de l’erreur judiciaire.

Les avocats de Diana Hanzé ont plaidé son acquittement, jeudi après-midi, devant la cour d’assises de Liège. Me Simonis et Me Reynders ont soutenu que leur cliente n’a pas commis le meurtre de Mohamed El Atmani.

Les faits s’étaient déroulés le 5 avril 2017 vers 15 h 30 à Verviers. Mohamed El Atmani (46 ans), en état de séjour illégal, avait fait une chute depuis la fenêtre du deuxième étage d’un immeuble situé rue des Raines. Mohamed El Atmani aurait été poussé avant de tomber par la fenêtre. Il était décédé de ses blessures après son hospitalisation. Diana Hanzé, une Jalhaytoise âgée de 29 ans, est accusée d’avoir commis ce meurtre par défenestration.

 

 

Les avocats de la défense soutiennent que Diana Hanzé doit être acquittée des faits qui ont causé la mort de Mohamed El Atmani. M Mathieu Simonis a souligné qu’il existe plusieurs hypothèses pour expliquer la chute de la victime. Mais l’accusée y serait étrangère.

"Ma cliente souffre depuis 5 ans. Au début de l’enquête, elle a raconté des fadaises pour tenter de se sortir de la toxicomanie. Trois jours après, elle a réalisé à quel point elle avait fait une erreur. Depuis, elle traîne son boulet au pied. Acquittée au tribunal de Verviers, elle a été rejugée en appel. Mais la cour s’est déclarée incompétente. Entre le pourvoi en cassation et le règlement de juge, la procédure a pris du temps", a soutenu Me Simonis.

L’avocat a rappelé la nuit blanche consacrée à la consommation de drogue qui a précédé les faits et a soutenu que Diana Hanzé dormait au moment de la chute et quand les policiers ont pénétré dans l’appartement. Me Simonis a encore affirmé que la position exacte du corps après la chute n’a pu être déterminée tandis que les personnes qui ont vu tomber le corps n’ont rien vu de particulier en regardant vers la fenêtre par laquelle il était tombé. Aucune trace de lutte n’a été mise en évidence.

"La victime, dont on ne connaît rien, avait abusé des stupéfiants et avait absorbé une quantité considérable de cocaïne. Cet homme était complètement camé. Il a fait une chute accidentelle depuis la fenêtre, comme il arrive à des étudiants ivres d’en réaliser après des fêtes estudiantines", a plaidé l’avocat.

Selon Me Simonis, il subsiste un doute. Il n’y a pas de preuve formelle contre Diana Hanzé. "Le signal d’alerte, c’est que Diana Hanzé a décidé par deux fois de se soumettre au test du polygraphe. Même si le résultat s’est avéré non-concluant, elle a pris le risque d’effectuer ce test qui livre des conclusions fiables dans 96% des cas. Il existe un risque d’erreur judiciaire. Il n’y a pas de certitude qu’elle a poussé Mohamed El Atmani. On ne peut pas démontrer qu’elle est coupable", a ajouté l’avocat.

Me Jean-Paul Reynders a insisté sur le spectre de l’erreur judiciaire et a soutenu que le dossier ne permet pas de retenir une culpabilité au-delà de tout doute raisonnable. Il n’existerait pas suffisamment de preuves pour condamner sa cliente pour l’homicide de Mohamed El Atmani.

La défense reconnaît par contre les faits de détention de stupéfiants.

Le verdict sur la culpabilité est attendu ce jeudi en soirée.


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