COUR D'ASSISES DE LIÈGE

L’avocat général réclame une culpabilité de meurtre contre Diana Hanzé

L’avocat général réclame une culpabilité de meurtre contre Diana Hanzé

BELGA

L’avocat général Pascale Schils a requis jeudi matin devant la cour d’assises de Liège une culpabilité de meurtre contre Diana Hanzé, une Jalhaytoise âgée de 29 ans, suspectée d’avoir commis le meurtre par défenestration de Mohamed El Atmani.

Selon le ministère public, il n’existe pas de doute raisonnable pour évacuer la responsabilité de l’accusée. Les faits s’étaient déroulés le 5 avril 2017 vers 15h30 à Verviers. Mohamed El Atmani (46 ans), en état de séjour illégal, avait fait une chute depuis la fenêtre du deuxième étage d’un immeuble situé rue des Raines.

Mohamed El Atmani aurait été poussé avant de tomber par la fenêtre. Il était décédé de ses blessures après son hospitalisation.

Le jury devra principalement répondre à une question liée au meurtre commis sur Mohamed El Atmani. À la demande des parties, la cour a ajouté une question subsidiaire liée à des coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Diana Hanzé doit aussi répondre d’une prévention de détention de cocaïne, pour laquelle elle est en aveux.

 

Bénéfice du doute

 

La défense de Diana Hanzé réclamera son acquittement au bénéfice du doute. Mais pour le ministère public, ce n’est pas n’importe quel doute ou le doute de l’avocat qu’il faut analyser mais le doute raisonnable. L’avocat général Schils estime qu’il existe dans le dossier un ensemble d’éléments qui forment une cohérence. Les preuves portent sur la matérialité des faits et sur l’intention de tuer.

Pascale Schils a évoqué la nature des aveux formulés par Diana Hanzé. Elle n’a pas avoué, à plusieurs reprises, avoir commis un meurtre, mais elle avait reconnu une version accidentelle du décès. Diana Hanzé avait affirmé que Mohamed El Atmani lui avait réclamé une relation sexuelle, qu’elle l’avait refusée et qu’elle l’avait poussé, sans vouloir le tuer. Selon l’accusation, le dossier établi, au-delà de tout doute raisonnable, que ce qu’elle a fait ne pouvait entraîner que la mort. Mohamed El Atmani ne pouvait sortir vivant de cette chute et Diana Hanzé avait conscience de son issue dramatique.

Selon l’accusation, Diana Hanzé, qui était revenue sur ses aveux, a menti sur le fait qu’elle dormait au moment des faits et quand les policiers l’ont découvert dans l’appartement. Des témoins qui ont assisté à la chute disent avoir aperçu deux mains et une poussée.

 

 

Un acte de colère intense

 

L’avocat général a souligné que les experts en biomécanique sont d’accord sur le fait qu’une force a été appliquée avant la chute pour éloigner autant le corps de la façade. Mme Schils estime farfelue la thèse selon laquelle la victime aurait effectué une chute accidentelle, après avoir trébuché, tout en tenant la fenêtre ouverte.

Le ministère public estime que Diana Hanzé a commis un acte de colère intense et impulsif qui correspond à sa personnalité et à sa ligne de conduite. "Avec la hauteur des lieux, elle était consciente qu’elle allait le tuer", a soutenu l’avocat général.

Les avocats de la défense plaideront ce jeudi après-midi.

 


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