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BD

Bd et mangas, quelle différence?

Bd et mangas, quelle différence?

Helio, le personnage principal de la série Wind Fighters, dessiné par son inventeur Christophe Cointault

On a tous déjà vu des mangas et des BD et la différence entre l’un et l’autre est assez flagrante. Mais quelles sont ces différences, au juste?

Attention, le manga, c’est de la BD. Mais, pour simplifier, on parle généralement de BD pour parler de ce qui est européen (ou franco-belge), de manga pour ce qui est japonais et de comics pour parler de la BD américaine. L’école franco-belge, c’est le style principal qui s’est imposé en Europe. Il a été façonné par des BD comme Tintin, Astérix, Lucky Luke, Les Schtroumpfs, …

Bien qu’ils soient proches sur le principe, on distingue en un coup d’œil le manga d’une BD. Regardons ces différences d’un peu plus près.

La forme

On trouve des BD et des mangas de toutes tailles et de toutes formes (même des BD rondes ou cubiques!), mais il y a quand même des standards (valeurs habituelles) généraux. Le manga est souvent dans un format A6 (environ 10,5 sur 14,8 cm) alors qu’une BD est souvent en format A4 (21 sur 29,7 cm), quatre fois plus grand que le manga. La pagination (nombre de pages) est aussi très différente. La BD fait 48 pages, parfois 54, rarement plus de 100, bien que de nombreuses BD sorties ces dernières années soient plus longues, on les appelle communément "roman graphique". Le manga fait typiquement entre 150 et 300 pages. Il est souvent en noir et blanc, alors que la BD est plutôt en couleurs.

Le manga compte généralement plus de longues séries que la BD. Même si le record du monde de la série de BD la plus longue est belge (il s’agit de Bob et Bobette avec 350 albums), de nombreuses séries manga dépassent les 100 tomes. Les rythmes de production de manga sont beaucoup plus soutenus, un tome sort tous les 3 mois, contre un an pour la plupart des séries européennes.

Et, surtout, le manga se lit… à l’envers! On lit de droite à gauche (mais quand même de haut en bas), en commençant par ce qui est pour nous la fin du livre.

Les émotions

Les manières de dessiner en Europe et au Japon sont très différentes. Au Japon, on a par exemple tendance à exagérer les émotions. Quand un personnage est content il saute partout de joie, quand il a faim il dévore des quantités gigantesques de nourriture, quand il est triste il pleure des litres et des litres. Il y a une tendance à l’exagération même en dehors des émotions. Quand un personnage de manga court, on verra généralement des petites lignes autour de lui, comme s’il allait tellement vite qu’on n’arrivait plus à distinguer ce qu’il y a autour.

En Europe, on a tendance à être plus sobre (moins exagérer). Un des personnages les plus célèbres de la BD européenne, Tintin, est bien moins expressif qu’un Luffy (le personnage principal de One Piece) par exemple, même si ses émotions sont quand même plus exagérées que la réalité. Cela explique sans doute une partie du succès du manga auprès des enfants et des adolescents, il montre de manière très claire le message qu’il veut faire passer.

On retrouve dans les marges de certains mangas des petits commentaires de la part de l’auteur sur sa vie personnelle ou sur ce à quoi il pensait en dessinant cette case, ce qui n’arrive presque jamais dans la BD.

Les histoires

Une autre différence importante entre le manga et la BD est le thème des histoires. Les mangas, surtout ceux pour un jeune public, ont quelques thèmes favoris. Le dépassement de soi, l’amitié, la loyauté, l’honneur, le combat du bien contre le mal sont des thèmes qui reviennent très souvent. En BD européenne, les thèmes sont plus variés. Même s’il y a quelques styles qui sont réguliers comme le western, l’enquête ou la saga historique, les sujets sont moins limités que dans le manga.

Les histoires sont aussi souvent plus genrées (à destination d’un genre, fille ou garçon) dans les mangas, avec des séries dites shônen comme Naruto qui visent clairement des garçons, et des séries dites shojo comme Cheeky Love étant destinées aux filles. Alors qu’en BD franco-belge, Tintin, Astérix ou même plus récemment Dad ou Game Over ne visent pas spécialement un sexe plutôt que l’autre.

Attention, toutes ces informations sont très générales, il existe bien sûr des mangas qui abordent d’autres thèmes ou des BD franco-belges qui sont très genrées.

Ci-dessous, retrouve deux vidéos du dessinateur Midam (auteur de Game Over et Kid Paddle).

Dans la première, il nous dessine Kid Paddle et Mirador et nous parle du dessin franco-belge et américain.

Dans la deuxième, il nous dessine un personnage de son invention, façon manga.

Midam expose au musée de la BD jusqu’au 23 janvier.

Et retrouve ici deux vidéos du dessinateur Christophe Cointault (Tinta Run, Wind Fighters)

Dans la première, il nous dessine le personnage Helio, héros de sa série manga Wind Fighters en nous expliquant quelques particularités du dessin manga.

Dans la deuxième, il dessine un personnage bien connu de la BD en expliquant les caractéristiques typiques du dessin franco-belge.

Le troisième tome de sa série Wind Fighters sort le 2 février prochain.

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