BIRMANIE

Aung San Suu Kyi à nouveau condamnée: elle risque des dizaines d’années de prison

Aung San Suu Kyi à nouveau condamnée: elle risque des dizaines d’années de prison

Aung San Suu Ky, un visage de la lutte démocratique en Birmanie. AFP

Près d’un an après le coup d’État en Birmanie (prise de pouvoir par la force), l’ex-dirigeante Aung San Suu Ky vient d’écoper d’une nouvelle peine de prison.

Aung San Suu Ky vient d’écoper d’une nouvelle peine de prison. Déjà condamnée à la prison au mois de décembre, l’ex-dirigeante birmane vit en résidence surveillée depuis un an dans la capitale Naypyidaw. Mais pourquoi? On t’explique.

Une histoire birmane marquée par les régimes militaires

L’histoire de la Birmanie (Asie), depuis son indépendance du Royaume-Uni en 1948, a toujours été marquée par les régimes militaires.

Il y a une dizaine d’années, une transition vers un régime démocratique (où le pouvoir est détenu par le peuple) s’est mise en route. L’armée gardant toujours une place importante, inscrite dans la Constitution.

En 2015, la Ligue nationale pour la démocratie, le parti d’Aung San Suu Kyi a remporté les premières élections législatives démocratiques du pays. L’ex-Prix Nobel de la Paix est alors devenue cheffe du gouvernement civil. Une position qu’elle aurait dû conserver après les élections législatives de 2020, également remportées par son parti.

Mais le 1er février 2021, elle et de nombreuses autres personnalités politiques ont été arrêtées. Lors de ce coup d’État, des miliaires ont été placées aux principaux postes de pouvoirs et l’état d’urgence (limitation des libertés) a été proclamé pour un an. Les généraux ont justifié leur passage en force en dénonçant des fraudes massives lors des élections de 2020.

Fait rare, à l’époque, une partie de la population birmane s’est révoltée contre la prise de pouvoir de l’armée. Et elle a été réprimée (bloquée) par la force.

Depuis, des groupes de citoyens ont pris les armes pour s’opposer à l’armée. Plus de 1 400 civils auraient été tués. Des dizaines de représentants politiques seraient également morts en détention.

Condamnée à des dizaines d’années de prison?

Aung San Suu Kyi est donc assignée à résidence (bloquée chez elle sous surveillance) depuis le coup d’État de février 2021. La junte (le pouvoir armé) l’accuse de très nombreux délits. Son procès comporte donc plusieurs volets.

En décembre, elle a été condamnée à quatre ans de détention pour avoir enfreint les restrictions sur le coronavirus, une sentence ramenée à deux ans par les généraux au pouvoir. En janvier, elle a écopé de quatre années supplémentaires de prison notamment pour une histoire d’importation illégale de talkies-walkies.

Si Aung San Suu Kyi reste assignée à résidence le temps de son procès, ce sont des dizaines d’années de prison qu’elle encourt, tant les accusations sont nombreuses.

Selon Manny Maung, chercheuse pour l’ONG de défense des droits humains Human Rights Watch, ces accusations sont "fausses" et les militaires utilisent cette tactique de la peur pour l’empêcher de revenir au pouvoir.

Plusieurs proches de l’ex-dirigeante ont déjà été condamnés à de lourdes peines: 75 ans de prison pour un ancien ministre, 20 ans pour un de ses collaborateurs.

LA BIRMANIE

Capitale: Naypyidaw

Superficie: 676 578 km2

Population: 56 590 071 habitants

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