FEDERGON

N’est-il pas temps de mieux se comprendre et de partager les bonnes solutions entre Flamands, Wallons et Bruxellois ?

N’est-il pas temps de mieux se comprendre et de partager les bonnes solutions entre Flamands, Wallons et Bruxellois ?

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C’est bien connu, les Français se moquent des Belges, les Wallons des Flamands, les Flamands des Hollandais, etc. Chaque village se moque du village voisin. Et ce, depuis que l’humanité existe. Ceci devient un problème lorsque, au lieu de créer de l’émulation pour être meilleur que le voisin, on choisit une attitude de repli et refuse de copier tout ce qui est meilleur chez lui.Et rien à faire, il n’en va, hélas, souvent pas très différemment en politique.

L’image catastrophique de la Wallonie et l’inexistence bruxelloise pour la Flandre

Récemment, à l’occasion d’un enregistrement avec la journaliste flamande Lisbeth Imbo, j’ai encore pu entendre à propos du paysage francophone : « Nous avons une image négative. Y a-t-il quand même une amélioration ? ». Et la journaliste, compétente, de reconnaître qu’en Flandre, l’on ne connaît plus les réalités wallonnes ou bruxelloises. Pire, cette journaliste vedette avouait ne plus avoir d’interlocuteurs pour témoigner des réalités régionales wallonnes et bruxelloises.

J’imagine aisément que mon homologue qui s’occupe de la Flandre aurait eu un étonnement semblable au mien s’il avait été interviewé par un(e) journaliste francophone.

Et tout le monde le sait : ceci a des effets majeurs, entre autres, sur le marché du travail. Si tout le monde suggère et encourage les Bruxellois ou les Wallons à aller travailler en Flandre, les expériences restent microscopiques, les freins très nombreux et le rapport entre le coût de l’investissement et le nombre de francophones qui franchissent le pas, sans proportion. Pire, ces efforts sonnent toujours un peu faux.

On n’aime pas être « le petit frère de »…

Témoins de la vie politique et de son fonctionnement au quotidien, nous devons constater que non seulement nous ignorons à peu près tout ce qui se passe dans les autres régions, nous le comprenons mal, mais pire, quand on rapporte une bonne pratique découverte dans l’une d’elles et que l’on tente d’en proposer la recette, en l’adaptant aux réalités de la région d’importation, le refus est, le plus souvent, catégorique. La raison sociologique en est que l’on déteste se sentir le « copieur », le « petit frère de », aussi intéressante que soit la solution proposée. Et nous ne pouvons que regretter ce comportement tellement humain. Les égos devraient laisser place à l’analyse froide et à cinq minutes de courage politique, selon la formule.

Choisir, c’est exclure

Demain, les budgets publics se réduiront, immanquablement car les régions ne peuvent éternellement vivre au-dessus de leurs moyens. Il n’en va pas tout à fait différemment pour les États et les ménages. Ces choix seront d’autant plus difficiles qu’ils auront été longtemps reportés et conduiront à des décisions jugées cruelles, voire à des interdictions ressenties comme iniques. Raison pour laquelle, dans ce podcast, je plaide pour divers chantiers : activer plus et mieux la réserve de main-d’œuvre (qu’elle soit au chômage, en maladie ou hors de tout circuit), développer l’attraction des métiers d’avenir et briser les tabous philosophiques, idéologiques qui les entourent en osant parler d’orientation et en introduisant le cas échéant des bonus-malus, introduire un contrôle technique des compétences individuelles pour garantir la longévité des individus sur le marché du travail, etc. Toutes ces propositions visent à élargir le gâteau sur lequel repose la charge du financement, et tous les coûts en seront inférieurs aux bénéfices.

En quelque sorte, vous trouverez dans ce podcast le résumé des divers sujets que Federgon a proposés au cours de l’année 2021 et qui seront encore, certainement, au menu de 2022. Je rajouterai un vœu puisque c’est la période de ceux-ci : soyons curieux, osons regarder ce qui se passe chez nos voisins pour les copier quand c’est possible et surtout, soyons ambassadeurs des merveilleuses réalisations de nos régions dans les régions voisines. Personnellement, je m’y engage et reste à disposition pour les expliquer, encore et encore, à mes amis néerlandophones. Mijn beste wensen aan iedereen en gelukkig Nieuwjaar!

Arnaud le Grelle

Directeur Wallonie-Bruxelles chez FEDERGON

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