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La Tunisie fait un pas de plus vers la dictature ?

La Tunisie fait un pas de plus vers la dictature ?

Noureddine Bhiri au Parlement tunisien. AFP

Le 31 décembre, le ministre de la Justice tunisien Noureddine Bhiri a été arrêté. Il a depuis entamé une grève de la faim et son état de santé est grave.

La Tunisie est un pays qui se situe en Afrique du Nord, entre la Libye et l’Algérie. La situation politique en Tunisie est compliquée. Pour la comprendre, il faut revenir 10 ans en arrière.

En 2011 a eu lieu le Printemps arabe, une vague de révolutions lancée par la jeunesse arabe et qui a traversé de nombreux pays. Les jeunes craignaient pour leur avenir et réclamaient plus de démocratie (donner la possibilité au peuple de s’exprimer et de décider). En Tunisie, ils ont chassé du pouvoir le dictateur Ben Ali, qui dirigeait le pays depuis 1987. Trois ans plus tard, une nouvelle Constitution (un texte qui explique comment le pays est organisé) est adoptée. Le Parlement, qui décide des lois, est désormais dirigé par le peuple. Ce changement est porteur d’espoir et pourtant, la situation ne s’améliore pas et le chômage continue d’augmenter.

Un nouveau président

En 2019, les Tunisiens en ont marre et élisent Kais Saïed comme président. Celui-ci a la réputation d’être intègre (qui est honnête et qui fait ce qu’il dit), et le peuple espère qu’il pourra améliorer la situation.

Mais, le 25 juillet dernier, le président Kais Saïed a fermé le Parlement. Il a enlevé la possibilité aux politiciens élus au Parlement de travailler et de continuer à créer les lois, pour se donner ce pouvoir à lui-même. Cette fermeture a été qualifiée par certains de coup d’État (une tentative de prendre la totalité du pouvoir par la force). C’est aussi ce que pensait le ministre de la Justice Noureddine Bhiri.

Une grève de la faim

Noureddine Bhiri a été arrêté le 31 décembre, officiellement pour soupçon de terrorisme. Le comité de défense de M. Bhiri a affirmé ce mercredi que ces accusations étaient totalement fausses. En fermant le Parlement, puis en arrêtant les personnes qui le critiquent, le président Kais Saïed semble petit à petit agir comme un dictateur (un chef d’État qui prend les décisions tout seul).

Le ministre de la Justice a arrêté de se nourrir et de prendre des médicaments dès son arrestation. Il a été emmené à l’hôpital le 3 janvier car son état de santé suscitait des "craintes sérieuses". Aujourd’hui, ses jours ne sont plus en danger. Il a également déclaré avoir porté plainte contre le président Kais Saïed pour "kidnapping".

Fiche d’identité du pays

Population: 11,72 millions d’habitants (à peine plus que la Belgique qui en compte 11,50 millions)

Superficie: 163 610 km² (+/- 5,3 fois la Belgique, qui a une superficie de 30 688 km²)

Capitale: Tunis

Langues officielles: arabe et français

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